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POA : un ancien étudiant se reconvertit dans l’élevage pour assurer son autonomie
Poa, 1er fév. 2026 (AIB) – Face à la forte sélectivité des concours de la fonction publique, un ancien étudiant de l’Université Norbert Zongo de Koudougou, Ousmane Kaboré, a choisi de se lancer dans l’élevage afin de subvenir à ses besoins et contribuer au développement local.
Orienté en Lettres modernes à l’Université Norbert Zongo en 2018, Ousmane Kaboré a obtenu sa licence en 2022, après quatre années de formation marquées par des retards académiques. Malgré l’organisation annuelle des concours de la fonction publique, leur caractère très compétitif et l’attente parfois longue avant une éventuelle admission ont conduit le jeune diplômé à envisager une autre voie, celle de l’élevage.
« Après ma licence, il devenait difficile de rester en ville dans l’unique espoir de réussir un concours. J’ai donc décidé de quitter Koudougou pour m’installer à Poa en 2023 et me lancer dans l’élevage, une activité que mon père exerçait pour assurer notre scolarité », a-t-il expliqué.
L’étudiant devenu éleveur s’est investi dans l’élevage de volailles et de moutons. Pour démarrer, il a construit deux cases et une maison à toit séparé destinées à l’élevage. Toutefois, le parcours n’a pas été sans obstacles.
Parmi les principales difficultés rencontrées figurent les maladies aviaires, la mortalité des poulets, la fragilité des femelles en période de production, ainsi que les contraintes liées à la fraîcheur, rendant l’entretien des poussins délicat. « Après évaluation, l’activité n’est pas encore très rentable, mais elle me permet au moins de subvenir à mes besoins », a-t-il confié.
Pour l’alimentation du bétail, Ousmane Kaboré utilise principalement les résidus agricoles issus de son propre champ, notamment les pieds d’arachide et les tiges de mil, destinés à nourrir les moutons.
S’adressant à ses anciens camarades restés en milieu urbain dans l’attente des concours, il les invite à explorer d’autres alternatives. « Rester en ville sans activité, tout en étant une charge pour les parents, n’est pas une solution. L’agriculture et l’élevage constituent des voies dignes et productives », a-t-il affirmé, rappelant la pensée de Voltaire selon laquelle « le travail éloigne l’homme de trois grands maux : le besoin, l’ennui et le vice ».
En termes de doléances, le jeune éleveur appelle l’État à renforcer l’accompagnement des étudiants en fin de cycle, notamment à travers des programmes d’orientation vers des projets agricoles et d’élevage. « Tout le monde ne peut pas accéder à la fonction publique. Si l’État pouvait davantage soutenir les jeunes diplômés dans ces domaines, beaucoup pourraient construire leur avenir », a-t-il plaidé.
Tout en saluant les efforts du gouvernement burkinabè, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, Ousmane Kaboré souhaite une extension de ces initiatives en faveur des étudiants diplômés, qu’il dit prêts à « se donner corps et âme pour le travail ».
Agence d’information du Burkina
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