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mardi, 3 février 2026
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Artisanat : les tisseuses de Yagba entre résilience et mévente

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Artisanat : les tisseuses de Yagba entre résilience et mévente

Yagba, 30 janv. 2026 (AIB) – Le tissage artisanal reste le pilier de l’autonomie financière des femmes à Yagba, un village de la commune de Poa. Une visite de terrain, ce jeudi 29 janvier 2026 a permis de toucher du doigt les réalités.

Yabga est à quelques encablures du centre de Poa. Dans cette bourgade, plus d’une femme s’adonne au tissage artisanal pour subvenir aux besoins de la famille. Cependant, face à un marché local atone, ces artisanes appellent à un soutien institutionnel pour valoriser leur savoir-faire.

Pour les femmes de Yagba, le métier à tisser est bien plus qu’un outil traditionnel ; c’est un moteur de développement socio-économique. Mme Zongo Sibiri Rasmata, tisseuse locale, témoigne de l’impact direct de cette activité sur le quotidien de son foyer : « Grâce à cette activité, j’arrive à payer la scolarité de mes enfants », confie-t-elle, tout en déplorant la lenteur de l’écoulement des produits.

La mévente contraint les artisanes à des concessions et tarifaires drastiques. Mme Kaboré Safi illustre cette réalité par des chiffres concrets : le prix des pagnes tissés a été revu à la baisse, passant de 7 000 FCFA à 5 000 FCFA. Malgré cet effort, les acheteurs continuent de négocier des tarifs encore plus bas.
« Le marché est très lent. Malgré tout, cette activité me permet de subvenir à mes petits besoins sans dépendre entièrement de mon mari. Dans un foyer, la femme doit aussi soutenir son époux », souligne Mme Kaboré.

Le combat de ces femmes revêt également une dimension patriotique et sociale. L’époux de Mme Kaboré est un membre des Forces de défense et de sécurité (FDS) engagé au front. En restant au sein de la grande famille, elle assure la stabilité du foyer par son travail, transformant le soutien financier de son époux en un levier pour améliorer le bien-être collectif de la famille élargie.

Face à ces défis, les tisseuses de Yagba ne comptent pas baisser les bras. Elles sollicitent un accompagnement des autorités locales et nationales pour faciliter l’accès à de nouveaux débouchés (marchés urbains, foires) ; valoriser l’artisanat local pour justifier des prix justes ; renforcer l’autonomie économique des femmes de la commune.

Pour ces artisanes, un appui structurel transformerait cette activité de survie en un véritable moteur de croissance pour la commune de Poa.

Agence d’information du Burkina
MK/PB/AS/ATA

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