Échos du tribunal : Un an de prison ferme contre deux orpailleurs pour une affaire de faux billets
Ouagadougou, 28 janv. 2026 (AIB) -Le pôle spécialisé dans la répression des infractions économiques et financières ainsi que de la criminalité organisée du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 1 a condamné, mercredi, deux orpailleurs poursuivis pour faux monnayage à 18 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes, assortis d’une amende d’un million de francs CFA avec contrainte judiciaire, a constaté l’AIB.
Les deux orpailleurs, tous deux déjà condamnés par le passé, ont comparu sans avocats devant le TGI Ouaga 1. Ils étaient poursuivis pour mise en circulation de billets contrefaits.
Selon les faits, OS aurait été contacté par son patron, OM, pour l’aider à écouler 15 faux billets de banque de 5 000 francs CFA chacun. Ces billets contrefaits auraient été remis par un fournisseur marabout que OM présente comme étant spécialisé dans la multiplication de billets.
Après plusieurs hésitations, OS a fini par reconnaître les faits. Il a expliqué qu’une fois dans une boutique, il observait d’abord les lieux et attendait les moments d’affluence, lorsque le boutiquier était moins attentif, pour effectuer ses achats et récupérer la monnaie sans éveiller de soupçons.
Quant à OM, il a nié avoir remis de faux billets à son collaborateur. Il a soutenu avoir simplement donné de l’argent à OS, issu, selon lui, de la vente d’une parcelle. Toutefois, il a reconnu avoir eu recours à plusieurs reprises aux services du marabout présenté comme multiplicateur de billets.
« Est-ce que l’argent est fabriqué chez un marabout ? », a interrogé le tribunal. « Au fond de toi, crois-tu réellement qu’un marabout peut produire des billets autorisés ? », a renchéri un juge. Les réponses du prévenu à ces questions ont permis aux juges de se forger leur conviction.
Selon le parquet, le faux monnayage est constitué dès lors qu’il y a mise en circulation de billets contrefaits en connaissance de leur fausseté, conformément à l’article 371 de la loi pénale. Le ministère public a requis une peine de trois ans d’emprisonnement, dont 18 mois fermes, assortie d’une amende d’un million de francs CFA contre les prévenus.
Dans son verdict, le tribunal a finalement condamné les deux prévenus à 18 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes, ainsi qu’au paiement d’une amende d’un million de francs CFA, assortie de contrainte judiciaire.
Agence d’Information du Burkina


