Comoé/CCP : les acteurs font le point sur la résurgence de la pratique de l’excision
Banfora, 19 décembre 2025 (AIB)-La deuxième session ordinaire de l’année 2025 du Cadre de concertation provinciale (CCP) de la Comoé s’est tenue le mercredi 17 décembre 2025 à Banfora. Cette session a été consacrée à un thème central et sensible : la lutte contre la pratique de l’excision.
À travers cette rencontre, les membres du CCP ont fait l’état des lieux de la pratique de l’excision dans la province de la Comoé, clarifié les rôles et responsabilités des différents acteurs engagés dans la lutte, échangé sur les mécanismes de prévention et de prise en charge des cas, avant de formuler des recommandations visant à renforcer l’action collective.
Trois communications majeures ont marqué les travaux. La première a porté sur la situation de la pratique de l’excision dans la Comoé. Il ressort qu’à la date du 30 septembre 2025, soixante (60) victimes ont été enregistrées dans la province, principalement dans la commune de Bérégadougou, dont dix-sept (17) cas à Takaledougou 2 et quarante-trois (43) à Séréfédougou. Selon les services compétents, toutes les victimes identifiées ont été prises en charge.
D’autres thématiques, en lien avec le mandat du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), ont également été abordées.
Au cours des échanges, certains chefs coutumiers ont évoqué les raisons de la résurgence de la pratique de l’excision dans certaines localités. Selon eux, cette recrudescence serait liée à une mauvaise interprétation de la journée du 15 mai, proclamée Journée des coutumes et traditions.
Prenant la parole, le Haut-Commissaire de la province de la Comoé, Mathieu Tingueri, a tenu à lever toute équivoque. Il a expliqué que cette journée n’a jamais été instituée pour encourager des pratiques néfastes telles que l’excision. Il a rappelé que l’excision, au-delà de son caractère illégal, porte gravement atteinte à la santé, à la dignité et aux droits fondamentaux de la jeune fille et de la femme.
Le Haut-Commissaire a souligné que le Burkina Faso s’est engagé depuis plusieurs années dans la promotion de l’abandon de la pratique de l’excision. Malgré une tendance globale à la baisse, cette pratique persiste encore dans certaines provinces, dont la Comoé.
M. Tingueri a ainsi invité l’ensemble des acteurs — autorités administratives, leaders coutumiers et religieux, services techniques, organisations de femmes et de jeunes, ainsi que la société civile — à se mobiliser davantage pour une lutte efficace et durable contre l’excision. Il a exhorté chacun à devenir un ambassadeur engagé de l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes, au sein des familles, des communautés et dans toutes les sphères d’influence.
Profitant de l’occasion, le premier responsable de la province a également invité les populations, ainsi que les travailleurs du public et du privé, à adhérer massivement au Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).
Il a rappelé que cette réforme vise à étendre la protection sociale à toutes les couches de la population, à lutter contre la vulnérabilité et la pauvreté liées à la maladie, et à lever les barrières financières à l’accès aux soins de santé.
Jean Paul YEKPAYE
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