La relance de la filière coton compromise par le coût des intrants (papier d’angle)

« Burkina : Le prix des intrants rebute certains producteurs de coton ». Tel est le titre d’une dépêche publiée, récemment (le 2 février 2024) par l’Agence d’information du Burkina (AIB). Cet article tire sa quintessence d’un autre intitulé «Campagne cotonnière 2023-2024 : La hausse  du prix des intrants pousse des producteurs à l’abandon». Il est paru dans le dernier numéro (celui de janvier 2024) du mensuel burkinabè Carrefour Africain. Selon l’écrit, plusieurs producteurs ont abandonné la culture du coton en début de campagne cotonnière en cours, rebutés par la hausse du prix des intrants. L’auteur qui est allé à la rencontre desdits producteurs, rapportent le désarroi de ceux-ci. Il en ressort que des paysans qui habituellement le cultivaient, ont opté cette année pour des spéculations autres que le coton. Certains avouent avoir été galvanisés au début de la campagne du fait de la hausse du prix d’achat du kilogramme de coton avant de se raviser par la suite. En effet, pour la présente campagne, le prix d’achat du coton a été fixé à 325 FCFA le premier choix et 300 FCFA le deuxième choix, soit une hausse de 25 FCFA/kg par rapport à la campagne écoulée. Au même moment, le prix du sac d’engrais est passé du simple au double. Plus exactement de 16 000 CFA à 32 000 F CFA. Face à la hausse des prix de l’engrais, le Secrétaire général (SG) de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) Hamidou Koné se veut réaliste. Il a déconseillé aux producteurs amateurs de s’engager dans la production. Pour lui, il n’y a qu’un professionnel qui peut tirer son épingle du jeu. «Aujourd’hui, la production est passée à l’étape de la professionnalisation», a-t-il expliqué. De son côté, le coordonnateur de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) Patrice Coulibaly, lors d’une rencontre en début de campagne, a invité les responsables des 28 unions de producteurs à ne pas abandonner la production. Selon lui, la production cotonnière est vitale voire indispensable à l’épanouissement total des populations et son rejet risque de créer le chaos au Burkina Faso.

Au Burkina Faso, la production de coton graine conventionnel pour la campagne de 2022-2023 est de 404.130 tonnes, enregistrant un recul de 22% par rapport à la précédente. C’est ce que le gouvernement burkinabè a annoncé à l’issue du conseil des ministres du mercredi 21 juin 2023.

Selon le rapport de ladite réunion gouvernementale, la campagne cotonnière de 2022-2023 a été marquée par une flambée exceptionnelle des prix des engrais sur le marché du fret maritime et l’indisponibilité des stocks d’engrais. Ainsi, la production de coton a enregistré un recul par rapport à la campagne précédente en dépit d’une augmentation des superficies de 4% au plan national, a souligné le gouvernement, précisant que le rendement moyen au champ connaît une régression de 25% et s’établit à 650 kg/ha. Au regard de l’importance de la filière coton, le gouvernement a décidé d’accorder une subvention de 10 milliards de francs CFA, en vue de rendre accessibles les intrants du coton conventionnel et du coton biologique au titre de la campagne cotonnière de 2023-2024. En outre, les autorités multiplient les actions afin de relancer cette filière qui a été devancée par l’or en 2009 comme premier produit d’exportation du pays.

Autant dire qu’il est plus que nécessaire que les acteurs à tous les niveaux (autorité, producteurs et leurs représentants, etc.) continuent de mener la réflexion, en vue de trouver une solution aux prix exorbitants des intrants qui affectent la production cotonnière. Cela d’autant plus que nous ne devrions pas perdre de vue que de cette filière dépendentd’autres initiatives telles que celles visant à promouvoir le port du Faso Danfani, le pagne tissé à base du coton produit localement. A cela s’ajoute, l’adoption, au dernier conseil des ministres, du décret consacrant la création d’une société d’économie mixte ‘’OROTEX Burkina’’, créée pour la transformation industrielle du coton. A court terme, l’unité devrait permettre la confection des tenues militaires et paramilitaires à base du textile local.

Alban KINI

alban_kini@yahoo.fr

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