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Burkina : JBO et les Sages de Manéga «hypothèquent la réconciliation et la paix» (société civile)

Ouagadougou, 13 fév. 2020(AIB)-Le livre critique de l’ex président Jean Baptiste Ouédraogo (JBO) sur le leader de la Révolution burkinabè Thomas Sankara et l’appel à la contrition publique des acteurs de l’insurrection d’octobre 2014, formulé par ‘’Les Sages de Manega’’, hypothèquent pour 100 ans, la réconciliation et la paix au Burkina Faso, a dénoncé jeudi une structure de la société civile burkinabè.

«Jean Baptiste Ouédraogo et les sages de Manéga ont ainsi réveillé les vieux démons et enfoncé du même coup, un puissant coup de couteau dans la plaie de fracture sociale de notre peuple qui est en voie de cicatrisation », a déclaré le président du Conseil citoyen pour le suivi de la Transition et de la Révolution d’octobre 2014 (COCISTRO), Abdoul Aziz Ouédraogo.

Selon lui, le livre ‘’Ma part de vérité’’ du président Jean-Baptiste Ouédraogo et l’invite des onze sages de Manéga, demandant aux acteurs de l’insurrection de s’excuser publiquement, hypothèquent la réconciliation et la paix pour cent ans au Burkina Faso.

Dans ‘’Ma part de vérité’’ paru en début février, Jean-Baptiste Ouédraogo s’est montré très virulent envers le défunt Thomas Sankara (1983-1987) qui l’a renversé en août 1983, au bout de huit mois de gestion.

Les Sages de Manega, issus d’un comité prônant la paix et la réconciliation dans un pays déchiré par le terrorisme, ont suggéré récemment, une contrition publique de la part des acteurs l’insurrection 2014, ayant renversé le président Blaise Compaoré (1987-2014), au bout de plusieurs sanglantes journées.

Ces deux sorties ont valu à leurs auteurs, de critiques acerbes sur les réseaux sociaux et dans les médias.

«Les peuples exaltent les qualités de leurs héros pour vivifier leur lutte pour le progrès (…) et non leurs défauts ou leurs faces dites hideuses qui n’apportent rien au peuple», a affirmé Abdoul Aziz Ouédraogo, en référence à Thomas Sankara, reconnu à travers le monde pour son intégrité et son panafricanisme.

«Une insurrection populaire est un acte, un mouvement du peuple pour le peuple et par le peuple. Devant qui ce peuple doit-il s’excuser pour les effets collatéraux de son action», a réagi M. Ouédraogo face à la proposition des Sages de Manéga.

Abdoul Aziz Ouédraogo a indiqué que le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale(HCRUN) est habilité pour proposer une voie de réconciliation au peuple burkinabè.

Agence d’information du Burkina

no/ata

 

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