Les Banwa pleurent El Hadj Yaya Sery, le généreux autodidacte et homme de médias (portrait)

Solenzo, 5 sept. 2023(AIB)- La mécanique, la menuiserie, la maçonnerie,  l’électronique, l’animation, la photographie, la téléphonie, la communication… El Hadj Yaya Sery (80 ans) était l’exemple vivant du véritable autodidacte. Le fondateur de la radio Lotamu que les  Banwa et la Boucle du Mouhoun pleurent, a été d’une grande utilité pour sa communauté.

Les populations des Banwa pleurent depuis le 22 août 2023, la disparition du PDG de la radio Lotamu, El Hadj Yaya Sery, le généreux homme aux multiples métiers

Né en 1943 à Borogo dans département de Kassoum, province du Sourou, Yaya est le fils aîné d’une respectable famille de forgerons.

Son père  El Hadj Sidiki Sery l’initia très tôt à la fabrication des outils du paysan San.

Dans la quête d’un mieux-être pour sa famille, le vieux Sidiki va migrer d’abord à Gninani, département de Barani dans la Kossi, puis à Gnônô en République du Mali vers 1952.

Sentant les prémices de la première guerre Mali-Haute-Volta, il décida de rentrer au pays natal vers les années 1970, en passant par Nouna, Guiédougou, Lanfiera au Sourou et enfin à Kouka chez les Bôbôs dans les Banwa où la famille est installée depuis 1972.

Bien qu’il n’ait pas eu la chance d’aller à l’école du blanc, Sery Yaya doté d’une  ingéniosité hors pair, savait tout faire et très bien le faire.

Il exerça entre autres la couture, la mécanique, la menuiserie, la maçonnerie, surtout l’électronique, l’animation et la communication.

Après la photographie, Sery Yaya se mua en caméraman.

On retiendra également qu’il fait partie des premiers promoteurs de cabines téléphoniques et de télécentres à Kouka et même à Solenzo.

Dans la ferveur de sa jeunesse, Sery Yaya introduit les soirées dansantes dans la province des Banwa.

                                     Grande passion pour l’audio-visuel

S’étant formé seul dans la réparation des postes radios, Sery Yaya a commencé à exploiter en 1978, une fréquence radio FM où il faisait passer rien que de la musique.

Cependant, cette «radio clandestine» va connaitre un arrêt à cause d’une interférence avec le système du réseau administratif du commandement du détachement militaire basé à Kouka à l’époque.

Comme le projet de radio-télévision lui tenait à cœur, Sery Yaya engage les procédures auprès des autorités compétentes. L’autorisation est obtenue le 19 novembre 2002. Il fonda alors officiellement la radio Lotamu (la voix du village) à Solenzo, un véritable levier pour le développement de la province des Banwa.

Le projet de télévision reste un défi pour ses Héritiers, Sery Aly en tête.

                                       Un homme utile à sa communauté

Homme de conviction, de droiture morale, généreux et humble, Sery Yaya s’évertuait à trouver les meilleures solutions, à chaque fois qu’il était consulté pour la résolution des problèmes et des crises au sein de la communauté.

Il a toujours donné une suite favorable aux diverses sollicitations, que ça soit celles des populations ou celles des autorités (surtout sous la Révolution sankariste).

Ces dernières années, rongé par la maladie, Sery Yaya était de plus en plus absent à Kouka, le village qu’il a tant aimé et tout donné.

Moralement  fort, malgré la maladie, il assurait presque toutes ses obligations et charges.

Sery Yay s’est battu. Aucun soutien ne l’a manqué. Sa famille a tout donné. Les agents de santé ont joué leur partition. Mais comme on le dit, son jour est arrivé. C’est dans la nuit du mardi 22 août 2023 qu’il a rendu l’âme en laissant derrière lui, trois épouses, trois filles et onze garçons.

El Hadj Yaya SERY a été un grand baobab, une bibliothèque, un point d’eau. Les grands Hommes ne meurent jamais. Son héritage incommensurable, ses actions et ses actes lui survivront.

Agence d’information du Burkina

Salifou OUEDRAOGO

 

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