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Burkina : Des Tchadiens exigent le départ du président Idriss Déby

Ouagadougou, 10 avril 2021 – Un collectif de Tchadiens vivants au Burkina Faso a exigé, vendredi à Ouagadougou, le départ du pouvoir du président Idriss Déby accusé d’être «le problème à la solution du peuple tchadien».

Selon le porte-parole du collectif, Masbe N’Dengar, «en 31 ans de long règne, il (Idriss Déby) a montré toutes ses limites (et) au lieu d’être une solution au problème du Tchad, il est bien au contraire le problème à la solution du peuple tchadien».

«Il est indéniablement le foyer de toutes les pathologies du sous-développement du Tchad. Pour cette raison, il doit partir et il partira», a-t-il déclaré.

Masbe N’Dengar s’exprimait vendredi à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse, au nom du collectif de Tchadiens indignés vivants au Burkina Faso.

La déclaration est intervenue à deux jours de la présidentielle du 11 avril au Tchad à laquelle le président tchadien Idriss Déby au pouvoir depuis le 1er décembre 1990, est candidat pour un 6e mandat.

Selon le collectif de Tchadiens indignés du Burkina Faso, leur pays «est dernier dans presque tous les domaines (et il) est passé de la pauvreté à la misère sévère».

«Malgré que le pays soit rentré dans le cercle des pays producteurs de pétrole depuis 2003, le taux d’accès à l’électricité est environ 5 % auquel il faut compter plusieurs jours de délestage. Celui de l’eau potable est de 15 %», a affirmé  Masbe N’Dengar.

Masbe N’Dengar a aussi indiqué que «la situation sociale (tchadienne) est invivable (avec) des fonctionnaires qui réclament des impayés des années antérieures».

«Ndjamena est classé 2e capitale la plus chère en Afrique (après Luanda). Et le Tchad lui-même est classé après la Syrie, le pays le plus misérable de la planète», a-t-il affirmé.

Le collectif a aussi dénoncé «la violence, la peur, les viols et les assassinats» sous le régime du président Idriss Déby.

Les derniers assassinats en date (28 février 2021) sont ceux de la mère et du fils de l’opposant Yaya Dillo. Celui-ci, précédemment candidat à la présidentielle de demain, a finalement retiré sa candidature.

«Face à ces crimes crapuleux, la justice tchadienne, à la botte du pouvoir, a montré ses limites. La preuve, ces criminels sont en totale liberté», a déploré  Masbe N’Dengar.

Le collectif de tchadiens indignés du Burkina prévoit ce  samedi à Ouagadougou,  une marche pour exiger le départ du pouvoir du président Idriss Déby.

L’élection présidentielle tchadienne est prévue demain dimanche. Face au président sortant Idriss Déby, 69 ans, six autres candidats comptent prendre part à la compétition et trois autres ont annoncé le retrait de leur candidature notamment l’opposant historique Saleh Kebzabo.

Agence d’information du Burkina

MY/wis/ak

Photo : Lefaso.net  

 

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