Surnombre des cars sur la RN1 : l’ONASER intercepte 79 passagers en trop à Kotédougou
Bobo-Dioulasso, 26 mai 2026 (AIB) – Une mission de contrôle de l’Office national de la sécurité routière (ONASER) a intercepté, le lundi 25 mai 2026, trois cars de transport en commun en situation de surnombre sur l’axe Bobo-Boromo, précisément avant le péage de Kotédougou, avec au total 79 passagers supplémentaires à bord, a constaté l’AIB sur place.
Déployés sur la Route nationale 1 (RN1), les agents de l’antenne Ouest de l’ONASER ont découvert des véhicules en provenance d’un pays voisin transportant un nombre de passagers largement supérieur à la capacité autorisée.
Le premier car, prévu pour environ 70 places, transportait plus de 120 passagers, soit un excédent de plus de 50 personnes. Le deuxième présentait 12 passagers supplémentaires et le troisième 17. Au total, 79 passagers étaient en surnombre dans les trois véhicules.
Alertée, l’Agence d’Information du Burkina (AIB) s’est rendue sur les lieux pour constater de visu cette situation jugée préoccupante malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs mois par les services de l’ONASER.
Sur place, les agents ont procédé à la vérification des documents des véhicules, au contrôle des équipements ainsi qu’au décompte des passagers avant d’engager les opérations de verbalisation.
« Vous savez très bien que c’est interdit. Ça ne va pas se limiter au paiement. Vous allez chercher d’autres véhicules qui vont venir prendre le surplus. Chaque véhicule va bouger avec le nombre qui correspond aux passagers », ont martelé les agents de contrôle à l’endroit des conducteurs.
Interrogé par l’AIB, le conducteur Ousmane Bamba a tenté de se dédouaner de la responsabilité du chargement.
« Je viens de Bamako. Je ne suis pas impliqué dans le chargement des passagers. C’est le convoyeur qui est au courant de ça. Je ne suis pas un habitué du trajet. Chez nous au pays, nous avons toujours un bordereau du nombre des passagers », a-t-il expliqué.
Le convoyeur Abdias Kabré reconnaît cependant les faits tout en évoquant des circonstances exceptionnelles.
« Nous venons d’un pays très loin du Burkina. D’abord un car est venu de ce pays avec plusieurs passagers et ils nous ont suppliés de les aider car ils veulent rentrer fêter. Avec cette situation, nous n’allons plus faire de surnombre », a-t-il déclaré.
Même son de cloche chez le conducteur Mahamoudou Millogo, qui affirme avoir cédé à la pression des voyageurs rencontrés en cours de route.
« Mon véhicule prend 65 passagers. Actuellement, la vie n’est pas facile. Les gens veulent quitter. Donc ils nous arrêtent en route et nous supplient de les prendre », a-t-il soutenu.
Parmi les passagers en surnombre, Issiaka Ouédraogo explique que leur premier véhicule est tombé en panne. « Je viens d’un pays voisin. Je veux aller fêter. Notre véhicule est tombé en panne. Donc on a demandé de l’aide et les conducteurs nous ont pris pour venir au Burkina », a-t-il témoigné.
Aminata Zamsoré, une passagère enceinte rencontrée sur place a déploré les conditions de voyage à bord du car.
« Dans le car, les jeunes voulaient se frapper à cause de la place. N’eût été l’intervention des autres, on aurait assisté à des bagarres. Nous sommes presque à terme avec des enfants en main. Nous ne pouvions plus rien faire. Nous avions de la place au départ. C’est en route que d’autres passagers sont montés », a-t-elle confié.
Le chargé des opérations de l’antenne Ouest de l’ONASER, le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, a rappelé les mesures appliquées en cas de surnombre.
« Nous sommes à Kotédougou, sur la RN1, où des équipes déployées sur le terrain ont constaté des cas de surnombre dans des véhicules de transport en commun. Lors des contrôles, trois cars ont été interceptés en situation d’infraction avec un nombre de passagers supérieur à la capacité autorisée », a-t-il indiqué.
Il a souligné que les conducteurs ont été verbalisés et contraints de débarquer les passagers en surnombre avant toute reprise de route.
« Les véhicules ne sont pas autorisés à poursuivre leur trajet tant que la situation n’est pas régularisée. Il revient ensuite aux conducteurs ou aux propriétaires de trouver une solution pour le transport des passagers restants », a précisé le lieutenant Ouédraogo.
Il a également invité les transporteurs et usagers à éviter les pratiques mettant en danger la vie des voyageurs. « En cas d’accident, les conséquences peuvent être dramatiques lorsque les véhicules circulent en surcharge et en surnombre », a-t-il averti.
Alors que l’équipe s’apprêtait à quitter les lieux, un autre véhicule a été intercepté pour usage de phares non conformes. Après sensibilisation, le conducteur a lui-même sectionné les branchements de ces projecteurs avant de poursuivre sa route avec ses phares réglementaires.
Avant le départ des cars, l’AIB a été invitée à vérifier le nombre exact des passagers à bord. Les véhicules ont finalement repris la route sans surnombre, tandis qu’un quatrième car et plusieurs minibus sont venus récupérer les passagers restants.
Agence d’Information du Burkina
AB/wis








