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Le Commissaire de police Honoré Kientega soutient avec brio sa thèse de doctorat en entomologie médico-légale

Ouagadougou, 23 déc. 2020 (AIB) – Le commissaire de police Honoré Kientega a soutenu mardi à l’Université Joseph Ki-Zerbo sa thèse  de doctorat en entomologie médico-légale jugée « mention très honorable » par un jury composé d’éminents professeurs du domaine.

Honoré Kientega est promu depuis ce mardi 22 décembre 2020 au grade de docteur de l’Université de Ouagadougou dans un domaine très peu connu au Burkina Faso et en Afrique, l’entomologie médico-légale, une science qui permet de dater et de trouver les causes d’un meurtre.

La thèse de 187 pages de docteur Honoré est articulée sur trois grandes activités. Il a, dans un premier temps vu le niveau de connaissance de l’entomologie légale au Burkina Faso par les acteurs de la chaine judiciaire.

Après s’être rendu compte au résumé que c’est une science pas trop bien connue, dans la 2e activité, le commissaire de police a fait des recherches pour identifier les insectes qui colonisaient les cadavres. Un certains nombre d’espèces d’insectes qui participent à la colonisation des cadavres au cours des trois principales périodes de l’année ont pu été répertoriés.

Après l’identification de ces insectes, il lui a fallu dans la 3e partie, voir quel était l’insecte qui durait le plus sur le terrain. Cela, pour pouvoir faire une datation assez précise des cadavres qui sont découverts dans le cadre des  enquêtes.

« C’est ce qui nous a permis de découvrir le dermestes maculatus. C’est cet insecte qui peut nous permettre de faire une date des cadavres que nous découvrons », a expliqué le nouveau docteur Kientega.

Selon son directeur de mémoire, l’entomologiste, directeur de l’UFR/SVT de l’Université de Ouagadougou et directeur du laboratoire d’entomologie fondamentale et appliquée, Pr. Antoine Sanon, parlant de l’originalité du travail de Kientega, souligne que « c’est un domaine pertinent vu le contexte dans lequel nous-nous trouvons, où les situations de crimes non élucidés augmentent ».

Il précise que « l’entomologie pourrait aider à trouver des solutions pour résoudre les enquêtes criminelles et combler un vide qui était là. Le sujet est pertinent et d’actualité également pour le nouveau docteur vu qu’il travail dans un domaine en lien avec la criminalité ».

Ce travail ne s’est pas réalisé sans difficultés, étant donné que Dr. Kientega est un pionnier en la matière. « On n’a pas beaucoup de repères pour pouvoir guider. On parle de cadavre, de décomposition de cadavre, donc un domaine pas reluisant. On est donc tout seul parce que vous avez du mal à vous faire aider », a soutenu le directeur de mémoire du commissaire de police.

Il s’est néanmoins satisfait du contenu de la thèse à plus d’un titre. « On a maintenant beaucoup d’informations sur l’entomologie légale au Burkina. Les informations permettent déjà d’envisager mettre une méthodologie dans le cas de découverte de cadavre dans la nature, de pouvoir dater la mort. C’est important en termes de contribution et d’application pratique », s’est réjoui Pr Sanon.

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser Kientega a entreprendre de telles recherches ? « En tant que policier, c’est d’ajouter une autre méthode d’investigation criminelle surtout en matière de meurtre, en utilisant une très bonne connaissance de la biologie et de l’écologie des insectes », a fait savoir docteur Kientega.

Il a fait des recommandations pour que d’autres personnes puissent entreprendre de telles recherches. Aux autorités policières, il a recommandé la vulgarisation de cette nouvelle science. Aux autorités universitaires il suggère le renforcement de la recherche et aux autorités politiques, la mise en place d’un institut national de sciences médico-légale.
Agence d’information du Burkina (AIB)
as/

 

 

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