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Burkina: Vers la réappropriation des valeurs ancestrales dans la lutte contre l’extrémisme violent

Kaya, 12 janv. 2020 (AIB) – Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a animé vendredi à Kaya, une conférence publique sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale.

Le colloque national sur la contribution de la culture dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale tenu, en novembre 2018, à Dori, avait élaboré une Feuille de route (FR).

Une des recommandations issues de ce conclave était sa restitution dans les 13 chefs-lieux de région. C’est dans ce sens que le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a organisé, le vendredi 10 janvier 2020, à Kaya, une conférence publique.

Trois communications ont été présentées lors cet évènement. La première, assurée par le conseiller technique du ministre en charge de la culture, Ousmane Djguemdé, a porté sur trois points : la justification de l’élaboration de cette FR, ses axes stratégiques et attentes.

A l’entendre, les raisons ont motivé son élaboration se résument au modèle d’éducation traditionnelle burkinabè, à l’histoire et préhistoire commune, à la diversité du patrimoine culturel du Burkina Faso et à la brisure du socle culturel burkinabè par la colonisation.

Selon M. Djguemdé, la FR comporte trois axes stratégiques. Il s’agit de la promotion de l’idéal de citoyen burkinabè,  des fondements d’une culture burkinabè et de la cohésion sociale.

Quant aux attentes, le communicateur a listé, notamment la promotion de la FR, la découverte des références culturelles, l’assimilation des fondements de la culture burkinabè et l’appel de chaque partie à jouer sa partition dans cette lutte le terrorisme.

Le deuxième communicateur, Patrice Kouraogo, s’est focalisé sur la définition des concepts tels que la culture, valeur et Cohésion sociale (CS), les types de valeurs et celles culturelles de la région du Centre-Nord.

Pour le conseiller spécial-culture du Président du Faso, l’UNESCO définit la culture comme étant l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social.

«Les valeurs sont les attentes de nos actions et la CS est le vivre-ensemble harmonieux qui nous permet de mettre en avant l’intérêt général au détriment de l’intérêt individuel. La paix, la solidarité, le respect mutuel, l’inclusion… favorisent cette CS», a-t-il soutenu.

Pour Patrice Kouraogo, les facteurs entravant la CS sont la mal gouvernance, la stigmatisation, la perte progressive des valeurs endogènes, etc. l’historien Kouraogo a fait savoir que les valeurs sont de quatre  types: individuel, familial, communautaire et universel.

De son avis, les valeurs culturelles spécifiques à la région du Centre-Nord sont, entre autres, la défense de la dignité personnelle et familiale ; la rigueur dans l’exercice des valeurs ancestrales, l’honnêteté, la probité, la loyauté et l’intégrité ; le respect de la solidarité et le pouvoir centralisé et poids de la chefferie traditionnelle.

La dernière communication, axée sur les valeurs communes de l’ensemble des Burkinabè, a été exposée par le patron du département en charge des Arts, Abdou Karim Sango.

Pour lui, le pays des Hommes intègres, depuis la nuit des temps, est bâti sur des valeurs cardinales telles que la tolérance, l’hospitalité, la solidarité, l’ardeur au travail et le respect mutuel.

«Nous avons la conviction forte qu’une société qui se construit sur le socle de ses valeurs culturelles positives peut résister mieux aux différents phénomènes auxquels nous ferons face», a-t-il assuré.

Aux termes de ces propos, le ministre Sango a recommandé la réappropriation des cultures ancestrales et la promotion de l’éducation familiale.

A l’issue des échanges, les participants ont manifesté leur joie. «Cette démarche est très noble parce que pour vivre ensemble, il faut se parler», s’est réjoui le chef de canton de Louda, le Naaba Tissé.

C’est pourquoi, il a suggéré la tenue des conférences provinciales, communales et villageoises sur cette thématique.

Agence d’information du Burkina

ES/ak

 

 

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