Burkina : une thèse propose des outils pour réduire les coûts et la fraude dans les marchés publics et les élections

Burkina : une thèse propose des outils pour réduire les coûts et la fraude dans les marchés publics et les élections

Ouagadougou, 27 juillet 2026 (AIB)-Rasmané Pagbelguem a soutenu une thèse proposant de nouvelles méthodes d’aide à la décision destinées à réduire les lenteurs, les coûts et les risques de manipulation qui entourent l’attribution des marchés publics et l’organisation des élections. Rasmané Pagbelguem accède de Docteur grâce à la validation de sa thèse avec la mention très honorable.

 

 

Le travail de recherche s’appuie sur des méthodes mathématiques fondées sur la notion de métrique, une mesure de distance entre les préférences des décideurs. L’objectif est d’identifier, parmi plusieurs choix possibles, celui qui recueille le moins de désaccords, afin de garantir une décision consensuelle et rationnelle.

 

Selon Rasmané Pagbelguem, ces méthodes peuvent s’appliquer à plusieurs secteurs, notamment les marchés publics, les élections et l’agriculture, chaque fois qu’une sélection doit être opérée sur la base de plusieurs critères.

 

Dans le domaine des marchés publics, ces outils permettraient de désigner rapidement la meilleure entreprise à partir des critères soumis par les candidats, sans recourir à de longues sessions de délibération.

 

S’agissant du processus électoral, le chercheur relève que le système de vote actuellement en vigueur reste exposé à la manipulation et à la corruption, en plus de représenter un coût élevé pour l’État.

 

Il propose une transition vers un système de vote par approbation, qui pourrait être organisé sous forme numérique, avec des résultats disponibles en quelques heures et à moindre coût.

 

Rasmané Pagbelguem a annoncé son intention de traduire ces travaux en applications logicielles, en collaboration avec des ingénieurs et des programmeurs, en vue de les proposer aux institutions publiques concernées.

La thèse a été validée par le jury à l’issue de la soutenance, avec la mention très honorable.

Le président du jury, le Pr Blaise Somé, a salué la qualité du travail et a souligné l’intérêt de la méthode proposée pour dépasser les limites des systèmes de vote classiques, qu’il juge « diviseurs ».

Il a expliqué que les systèmes de vote actuels, à l’image du modèle français, poussent les électeurs à se regrouper autour d’un seul candidat, ce qui fragmente le corps électoral.

La méthode issue de la thèse, a-t-il précisé, permet à chaque électeur d’exprimer un ordre de préférence entre plusieurs candidats plutôt qu’un choix unique, ce qui permet de désigner la personnalité recueillant le moins de désaccords parmi l’ensemble des électeurs.

Un tel mécanisme, selon Pr Blaise Somé, renforcerait la légitimité de l’élu, qui ne pourrait plus être perçu comme le représentant d’un seul parti ou groupe, mais comme un choix largement partagé.

Le Pr Somé a, par ailleurs, estimé que ce type de recherche permettrait de développer des algorithmes adaptés au contexte burkinabè, à moindre coût pour l’État.

Agence d’Information du Burkina

 NAK/ata

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