Bam : le ministre Ismaël Sombié s’insurge contre les retards du projet Lac Bam
Kongoussi, 23 sept. 2026 (AIB)-Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a exprimé, mardi, son mécontentement face à l’état d’exécution du projet de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam (PRPV/LB), dont la première phase devait s’achever en juillet 2025.
De retour de sa tournée de suivi de la campagne agricole 2026-2027 dans le Bam, le commandant Sombié a effectué une escale au bord du lac pour apprécier son état. Mais face à l’état de certains ouvrages, il n’a pas caché son désarroi.
« On ne peut pas continuer de mettre de l’argent comme ça et le projet n’arrive pas à bouger afin de satisfaire la population. Ce n’est pas normal », a-t-il indiqué.
Le ministre a particulièrement dénoncé la qualité de certains ouvrages et le retard accusé dans l’aménagement des périmètres.
« Ce lac peut même irriguer environ deux mille hectares. Et jusqu’à présent, on ne peut même pas irriguer les quelques superficies qui l’entourent », a-t-il déploré.
Séance tenante, il a instruit ses services techniques de rassembler l’ensemble des dossiers du projet afin d’étudier les conditions de sa relance sous la responsabilité du département chargé de l’Agriculture.
Le ministre Sombié a également instruit de vérifier le dédommagement des personnes affectées et la libération effective des berges. Il a aussi proposé la matérialisation de la bande de servitude par des tranchées.
Enfin, il a constaté que le bâtiment abritant le groupe électrogène destiné au pompage des eaux sert actuellement de refuge à des personnes. Il a ordonné sa libération afin de lui restituer sa vocation initiale.
Lancé en mars 2017 par le président du Faso d’alors, Roch Marc Christian Kaboré, le projet devait notamment contribuer à restaurer le lac et à développer les activités agro-sylvo-pastorales autour de la retenue. Sa première phase, financée par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), prévoyait, entre autres, le rehaussement du seuil de vingt-cinq centimètres et l’aménagement de cinq cent vingt-deux hectares de périmètres hydro-agricoles en cinq ans.
En janvier 2024, le comité de pilotage du projet reconnaissait déjà des retards et fixait à juillet 2025 l’échéance pour achever les aménagements des cinq cent vingt-deux hectares. Mais à ce jour, aucun périmètre n’est exploitable.
Agence d’information du Burkina
AR/ata

