BURKINA-CULTURE-ISLAM-SONORITÉS
Burkina : le ministère de la Culture appelle à faire des sonorités islamiques des levier de cohésion sociale
Ouagadougou, 24 sept. 2026 (AIB)-Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a appelé, mercredi, à une réappropriation des sonorités culturelles d’inspiration islamique comme le dodo et le salou, des leviers de cohésion sociale et de lutte contre les discours de haine et de division, à l’ouverture des journées des sonorités traditionnelles d’inspiration islamique, organisées par le Centre culturel islamique du Burkina (CCIB), dans le cadre du projet « DJAMA BEOG NÉRÉ ».
« Notre culture est notre première ligne de défense », a déclaré le conseiller technique Abdoulaye Dioni, représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, à l’ouverture des travaux de réflexion.
Selon le Camarade Dioni, la lutte engagée par le Burkina Faso ne se limite pas au seul volet militaire. Elle est également « culturelle, mémorielle et identitaire ».
Dans cette perspective, a-t-il souligné, les sonorités et rythmes issus des communautés musulmanes burkinabè, notamment le mansé, le salou, le tarkai et le dodo, doivent être documentés, préservés et valorisés.
Ces expressions artistiques traditionnelles ne constituent pas de simples divertissements. Elles ont longtemps contribué à renforcer la solidarité, le vivre-ensemble et les relations entre les différentes composantes de la société burkinabè, multiethnique et multiconfessionnelle.
Le conseiller technique a estimé que la marginalisation progressive de ces pratiques culturelles a créé un vide favorable à la progression d’idéologies d’exclusion et d’extrémisme. Il a ainsi plaidé pour un « retour aux sources » et une affirmation de la souveraineté culturelle du Burkina Faso.
« La reconquête du territoire national passe indéniablement par la reconquête de notre identité collective et de nos valeurs endogènes », a-t-il soutenu, ajoutant que les chants et rythmes traditionnels peuvent devenir des « armes de construction massive de la paix ».
Il a souhaité que les deux jours de réflexion aboutissent à des propositions concrètes permettant de réintroduire ces sonorités dans les manifestations culturelles et religieuses du pays.
Selon le représentant du Centre culturel islamique du Burkina, l’imam Halidou Ilboudo, des célébrations telles que le dodo, les mansés, les garsilés et le salou rythmaient autrefois les villages et les villes du Burkina Faso. Elles créaient des espaces de communion entre musulmans, chrétiens et adeptes des religions traditionnelles.
« Les raviver ne relève pas de la nostalgie, mais d’une approche stratégique de lutte contre l’extrémisme violent », a-t-il déclaré, soulignant le rôle de ces pratiques dans la cohésion sociale.
D’après l’imam Halidou Ilboudo, la disparition progressive de ces pratiques contribue à l’apparition de cloisons entre les communautés. Leur réhabilitation devrait donc permettre de « rouvrir la communauté musulmane aux autres composantes nationales » et de renforcer la contribution de la communauté islamique à l’unité nationale.
Il a relevé la nécessité d’inscrire cette dynamique culturelle dans la nouvelle orientation souveraine du Burkina Faso. Il a défendu l’idée d’un islam burkinabè doté d’une identité culturelle endogène, fondée sur la paix, le respect des aînés et la tolérance mutuelle.
« C’est en puisant dans nos propres racines traditionnelles que nous construirons des remparts solides contre les influences extérieures destructrices », a-t-il soutenu.
Pour le directeur exécutif de l’Union religieuse et coutumière du Burkina, Moussa Bambara, la paix repose sur un socle culturel.
Il a indiqué que la victoire militaire contre le terrorisme doit être accompagnée d’un travail de reconstruction du tissu social. « Nous n’allons pas attendre la fin totale de la guerre avant de commencer à recoudre le tissu social », a-t-il soutenu.
Selon Moussa Bambara, la valorisation des sonorités d’inspiration islamique constitue une nécessité dans la perspective du développement endogène du Burkina Faso, précisant qu’elle contribue à la promotion de la paix, au rapprochement entre les communautés et au renforcement du vivre-ensemble.
Agence d’information du Burkina
LID/bak

