Burkina :L’ABCA dispose de 15 000 titres d’anciens films numérisés à la disposition des médias
Ouagadougou, 10 fév. 2026 (AIB)-L’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) a rencontré, le mardi 10 février 2026, les patrons de presse en vue de leur proposer des contenus locaux à diffuser au profit des téléspectateurs.
À travers cette initiative, l’ABCA entend également faciliter l’obtention des droits de diffusion auprès des producteurs.
Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique visant à faire de la souveraineté culturelle une réalité.
À cette occasion, un film documentaire de l’acteur, comédien et réalisateur Rasmané Ouédraogo, restauré et numérisé, a été projeté.
Ce court métrage documentaire de 20 minutes, réalisé en 1983, porte sur Thomas Sankara et est intitulé « Un peuple debout ».
Rasmané Ouédraogo, réalisateur du court métrage projeté, a confié le découvrir en même temps que le public.
Selon lui, ce film a marqué à la fois le début et la fin de son travail de réalisateur, en raison de son caractère politique.
La sortie de ce documentaire a coïncidé avec la chute de Sankara. « Il a donc été immédiatement ostracisé et personne ne pouvait le voir », a-t-il expliqué.
Pour lui, ce film revêt un caractère historique et constitue un témoin de l’histoire.
Le directeur général de l’ABCA, Moussa Alex Sawadogo, a indiqué que cette rencontre avec la presse vise à permettre aux médias de se réapproprier les contenus nationaux des réalisateurs et producteurs africains, afin que les écrans deviennent des espaces privilégiés de diffusion des créations locales.
« C’est en cela que nous valorisons notre identité culturelle », a-t-il souligné.
Moussa Alex Sawadogo a ajouté que le rôle de l’ABCA ne se limitera pas à faciliter l’obtention des droits de diffusion des anciens films déjà numérisés, mais consistera également à négocier les droits de diffusion des films en production soutenus par le financement du Faso Film Fonds (FFF).
Il a souhaité voir les patrons de télévision entrer en coproduction avec les producteurs afin de faciliter la diffusion des œuvres sur leurs chaînes.
Pour lui, l’objectif est de faire diffuser le maximum de contenus nationaux et, plus largement, des contenus africains.
« Lorsque nous parlons de souveraineté, nous parlons d’identité culturelle, et nous voulons que nos télévisions soient à notre image », a-t-il expliqué.
Selon le directeur de l’information de la télévision BF1, Aubin Guébré, l’acquisition des droits de diffusion des films burkinabè ou africains n’est pas toujours à la portée des médias burkinabè.
Cette initiative de l’ABCA est donc salutaire, dans la mesure où elle permettra d’inonder les écrans nationaux d’images africaines, ce qui correspond d’ailleurs à la demande des téléspectateurs.
Agence d’Information du Burkina
NAK/ata


