Burkina : les députés actent la dissolution des partis et formations politiques
Ouagadougou, 9 févr. 2026 (AIB)-L’Assemblée législative de Transition (ALT) du Burkina Faso a voté lundi l’abrogation de l’ensemble des lois régissant les partis politiques, ouvrant la voie à une refonte totale d’un système déconnecté des réalités burkinabè.
Le texte, adopté en séance plénière, balaye d’un revers de main la charte des partis politiques, les lois sur le financement des formations, ainsi que le statut de l’opposition. Cette décision fait suite à un projet de loi porté par le gouvernement, qui dénonce une prolifération de structures sans ancrage réel.
« Cette mesure vise à remettre à plat l’ensemble du système partisan qui prévalait jusque-là », a justifié devant les députés le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo.
Selon le gouvernement, le Burkina Faso souffrait d’un trop-plein de formations politiques (plus de 200 avant la suspension de la Constitution) dépourvues d’idéologie claire, contribuant à une perte de confiance des citoyens envers les institutions.
Le ministre a notamment insisté sur l’adhésion des populations rurales à cette réforme : « Nos populations ne sont pas incultes. Elles ont été témoins des dérives et des divisions engendrées par le fonctionnement des partis », a-t-il affirmé, évoquant le « Burkina profond ».
L’un des points de tension de cette réforme concerne le patrimoine des formations politiques désormais dissoutes de fait. M. Zerbo a assuré qu’un décret adopté en Conseil des ministres encadrerait la « dévolution des biens », renvoyant les organisations à leurs propres statuts légaux en cas de dissolution.
La Commission des Affaires Générales (CAGIDH), qui a recommandé le vote, estime que cette abrogation permettra de renforcer « la cohésion sociale et l’unité nationale », alors que le pays cherche à inventer un nouveau modèle de gouvernance plus endogène.
Agence d’information du Burkina
MN/ata


