TGI Ouahigouya : Une exciseuse de 34 ans et sa complice condamnée à 6 mois de prison
Ouahigouya, 13 août 2026 (AIB)-La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouahigouya a condamné, lors de son audience du mercredi 12 août, K., une exciseuse de 34 ans, et sa complice à six mois d’emprisonnement dont un ferme, assortis d’amendes, pour des faits d’excision commis sur G.R., une élève de 11 ans en classe de CM1, a constaté l’AIB sur place.
La prévenue a reconnu les faits après lecture des griefs qui lui étaient reprochés. La victime, venue de Banfora avec sa mère à Ouahigouya pour passer une partie de ses vacances auprès de sa grand-mère, a été conduite courant juillet 2026 par cette dernière au domicile de B.K. où elle devait être excisée.
Interrogée par le président du tribunal sur sa connaissance de l’interdiction de l’excision au Burkina Faso, K. a répondu par la négative. Le président lui a alors demandé pourquoi la victime avait été conduite dans une maison pour y être excisée à l’abri des regards. La prévenue est restée silencieuse, avant que le président ne rappelle que l’excision ne constitue pas une valeur endogène à perpétuer.
Citée comme complice, O.A., grand-mère de la victime, a reconnu avoir conduit sa petite-fille chez B.K. Elle a expliqué avoir voulu rendre service à sa belle-fille, qui lui aurait demandé de faire exciser sa fille. Elle a ainsi sollicité B.K., laquelle a reconnu pratiquer l’excision, une pratique qu’elle dit avoir apprise depuis une dizaine d’années auprès de sa grand-mère, dans le village de Ségué, avant son arrivée à Ouahigouya en tant que déplacée.
Pour sa part, B.A., mère de la victime et également poursuivie comme complice, a déclaré que sa belle-mère lui avait indiqué, le jour des faits, qu’elle voulait se rendre au marché avec sa petite-fille pour effectuer quelques achats. Elle affirme avoir souhaité les accompagner, mais O.A. aurait catégoriquement refusé. À leur retour, B.A. dit avoir constaté des traces de sang sur les vêtements de sa fille, qui lui aurait ensuite relaté les faits.
À l’issue des débats contradictoires et au regard des éléments constitutifs du délit, le procureur du Faso a requis contre B.K. et O.A. six mois d’emprisonnement dont un mois ferme, ainsi qu’une amende de 600 000 FCFA dont 200 000 FCFA ferme. Il a par ailleurs requis la relaxe de B.A. au bénéfice du doute.
Dans son délibéré, le tribunal a condamné B.K. à six mois d’emprisonnement dont un mois ferme et à une amende de 200 000 FCFA ferme. O.A. a été condamnée à 12 mois d’emprisonnement et à une amende de 600 000 FCFA, le tout assorti du sursis. La relaxe de B.A. au bénéfice du doute a été confirmée.
M.D., tante de la victime, n’a pas souhaité se constituer partie civile. Les condamnées disposent d’un délai de dix jours pour interjeter appel de cette décision rendue en première instance.
Pour rappel, l’article 380 du Code pénal burkinabè punit l’excision et toute atteinte à l’intégrité de l’organe génital féminin, notamment l’ablation totale, l’excision, l’infibulation et l’insensibilisation, d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 150 000 à 900 000 FCFA.
Agence d’information du Burkina
KNI/PN/ata

