Burkina/Hausse du gasoil : la Ligue des consommateurs demande des mesures pour préserver le pouvoir d’achat des ménages
Ouagadougou, 15 août 2026 (AIB)- La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) a indiqué samedi prendre acte de la hausse du prix du litre de gasoil, passé de 675 à 750 FCFA, appelant toutefois le gouvernement à renforcer les mesures de contrôle pour limiter l’impact de cette décision sur le pouvoir d’achat des ménages.
« La LCB appelle à la mise en place d’un moratoire obligatoire avec les syndicats de transporteurs afin de geler toute hausse des tarifs de transport en commun et de fret routier, pour éviter une répercussion directe sur les consommateurs », a déclaré le président de la Ligue, Marcel Kouraogo, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.
Pour la LCB, la hausse du prix du gasoil doit s’accompagner d’un renforcement des mécanismes de contrôle afin de préserver les effets des subventions accordées aux consommateurs burkinabè.
La Ligue s’est par ailleurs réjouie du fait que la mesure n’ait pas concerné le super 91 et le gaz butane, deux produits dont les prix restent inchangés.
Face aux réseaux illicites qui détourneraient du carburant subventionné pour ravitailler des camions-citernes à destination de pays voisins, la LCB demande une interdiction stricte de l’approvisionnement suspect de camions-citernes étrangers en dehors des circuits officiels d’exportation non subventionnés.
Elle préconise également un renforcement des contrôles et des sanctions contre les pratiques frauduleuses, ainsi qu’une vigilance accrue des consommateurs.
Au-delà de la question du carburant, la LCB dit observer une tendance à la hausse des prix de plusieurs produits essentiels, notamment le riz, les œufs, les huiles, la farine de blé, les légumes, la viande et le poisson, mais aussi du ciment et des motocyclettes.
L’organisation appelle l’ensemble des acteurs économiques à davantage de vigilance et interpelle les commerçants qui ne respecteraient pas les mesures de régulation des prix, estimant que ces pratiques contribuent à aggraver les difficultés des ménages.
Pour contenir cette tendance, la Ligue demande une intensification des contrôles sur les marchés et l’application de sanctions à l’encontre des contrevenants.
Elle recommande également de renforcer l’approvisionnement des boutiques Faso-yaar en produits de première nécessité et de poursuivre leur déploiement dans les arrondissements et les provinces.
La LCB souhaite en outre une dynamisation du cadre de concertation entre l’Etat, les organisations de la société civile et le secteur privé. Elle préconise aussi une réaction plus rapide aux dénonciations citoyennes relatives aux pratiques frauduleuses, ainsi qu’une meilleure protection des lanceurs d’alerte.
La conférence de presse a également porté sur le plafonnement des frais de scolarité dans les établissements privés, une mesure que la LCB qualifie de « réforme majeure » du système éducatif.
Marcel Kouraogo a salué une décision qui, selon la Ligue, prend en compte le pouvoir d’achat des ménages et le droit d’accès à l’éducation.
Toutefois, à la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, la LCB affirme constater des pratiques qu’elle juge contraires à l’esprit de la réforme, notamment des tentatives visant à faire payer aux parents la première tranche de scolarité sur la base des anciens tarifs.
Elle dénonce également le non-respect des dispositions relatives aux frais annexes prévues par la réglementation sur les frais de scolarité.
La Ligue invite le gouvernement à renforcer l’information, la sensibilisation et les contrôles sur l’ensemble du territoire, tout en mettant en place un mécanisme de veille permettant d’identifier les difficultés liées à l’application de la réforme.
Elle appelle également les promoteurs des établissements privés à accompagner la réforme et les parents d’élèves à faire preuve de vigilance et à dénoncer les pratiques de prix illicites.
Créée en janvier 1992 et reconnue d’utilité publique en 1997, la LCB indique être présente dans 45 des 47 provinces du Burkina Faso. Ses assemblées générales nationales, tenues le 30 mai 2026, ont notamment permis le renouvellement de ses instances dirigeantes pour un mandat de quatre ans.
Agence d’information du Burkina
YOS/ata

