Enlèvements de filles mineures

Une pratique ancestrale  qui perdure à Batié

Le Réseau des journalistes et communicateurs pour la protection de l’enfance du Sud-ouest a organisé du 4 au 6 juin 2021, une caravane de presse dans les villes de Batié, de Dissin et de Gaoua. Ce périple a permis aux hommes de médias de constater certaines pratiques traditionnelles qui portent atteinte aux droits des enfants comme l’enlèvement de filles.

 

L.S. est une jeune fille âgée de 17 ans. Inscrite en classe de 6e au cours de l’année scolaire 2019-2020 dans un lycée de la ville de Batié, province du Noumbiel, elle a abandonné les bancs pour se mettre en couple avec un jeune. Malgré l’opposition de son grand-père et des services de l’action sociale de la commune, la jeune élève va insister pour vivre avec son « amour » jusqu’à tomber enceinte. Mais elle sera ramenée en famille sur ordre du service social où elle a accouché d’une fillette.

Comme L.S., plusieurs filles de la commune de Batié se marient avant l’âge de la majorité. Contrairement à L.S. dont les parents ont souhaité qu’elle poursuive ses études, la plupart des autres filles se marient avec la complicité de leurs géniteurs. Selon le responsable du service communal de Batié, Martin Palenfo, au cours des trois dernières années scolaires, 23 cas d’enlèvements de jeunes filles ont été enregistrés sans compter les cas clandestins dont ses services n’ont pas pu avoir connaissance.

La plupart de ces cas, poursuit M. Palenfo, sont des élèves dont les parents qui s’opposaient à leur union ont informé les services de l’action sociale. C’est une ancienne pratique, a-t-il confié, et elle consiste en une entente entre la fille et le garçon, qui informent après les parents aux fins d’engager les démarches pour « régulariser » la relation. Face à la persistance du phénomène et des autres formes de violences faites aux enfants, le Réseau des journalistes et communicateurs pour la protection de l’enfance du Sud-Ouest (REJPE) a organisé avec l’appui de Health Focus, une caravane dans le but de sensibiliser les acteurs pour la création d’environnements d’apprentissage sûrs pour les enfants notamment les jeunes filles.

A cette occasion, des jeux et émissions radiophoniques, des reportages ont été réalisées.  A écouter le coordonnateur du REJPE, Ollo Daniel Palé, quotidiennement les droits des enfants et particulièrement des filles sont violés. Au regard de la gravité et de l’ampleur, a-t-il fait remarquer, il est plus qu’urgent que des actions soient menées en vue de lutter contre tous ces phénomènes. Pour venir à bout des mariages d’enfants, particulièrement, le responsable du service social de la commune de Batié a proposé une implication des leaders coutumiers et religieux.

Joseph HARO

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