Centre-Ouest

Sanguié

Projet BRAVE

Pour la résilience des moyens d’existence face à la sécheresse

Réo, (AIB) – Conduit à terme après un parcours de quatre ans dans la commune de Kyon, avec pour sites les villages de Tomo et de Poa, le projet BRAVE fait son bilan, à travers des assemblées villageoises  et un atelier communal de restitution des résultats issus de l’analyse des données, tenus respectivement fin février 2020, à la mairie de Kyon.

La commune de  Kyon a, à travers ses villages Tomo et Poa, bénéficié de l’accompagnement du projet BRAVE de 2016 à 2020 soit quatre ans durant, pour aider à la construction de la résilience des moyens d’existence face aux pénuries d’eau. Aux assemblées villageoises tenues le 20 février dernier, il est effectivement ressorti  de la part des bénéficiaires qu’il y a des retombées positives pour eux eu égard aux résultats auxquels ils sont parvenus.

En ce sens qu’on note une nette amélioration des rendements de la production agricole sans oublier la grande réduction  de la malnutrition du fait de la bonne consommation alimentaire (trois repas équilibrés par jour au lieu d’un ou de deux comme avant). De même, au niveau de la santé, il y a entre autres, une réduction drastique des maladies liées à l’eau comme la diarrhée chez les enfants et celles gastriques chez les adultes. Quant aux activités de sensibilisation à travers les émissions-radios, elles ont même opéré au sein des communautés un changement progressif de comportements en faveur d’un mieux-vivre et d’une amélioration de leurs conditions de vie.

Le moins que l’on puisse dire, ce projet est venu changer certaines pratiques mortifiantes à travers  l’amélioration de la gestion des eaux souterraines.  Et ce ne sont pas les techniciens de l’agriculture encore moins les agents de santé qui diront le contraire, eux qui ont salué chaleureusement l’intervention du projet.

L’ambiance était également empreinte de convivialité lors de l’atelier communal qui réunissait cette fois-ci les services déconcentrés de l’Etat et les autorités de la localité. Ceux-ci ont aussi eu droit à la restitution des résultats engrangés par le projet BRAVE. Et de leurs réactions, on peut retenir qu’ils souhaitent comme les communautés villageoises que des plaidoyers soient menés pour la reconduction du projet. Ils suggèrent également de mettre l’accent sur l’environnement en dégageant des pistes de plaidoyer au niveau des autorités en vue d’une meilleure gestion de l’environnement et des déchets occasionnés par l’exploitation des mines.

La mise en œuvre du projet

 

Plusieurs étapes à savoir la conduite de l’étude de base (du 30 mars au 1er avril 2016), la formation des enquêteurs (11 et 12 avril 2016)   , la collecte des informations, le suivi des activités de collecte de données sur la pluviométrie et le niveau des points d’eau, constituent la mise en œuvre. Concrètement, Il s’est agi de voir la vulnérabilité des communautés concernées et de déceler le problème récurrent crucial lié à la gestion de l’eau et aux changements climatiques.

Après quoi, il a été déployé des outils parmi lesquels les listening posts (groupes d’écoute), les émissions radiophoniques en lien avec l’agriculture, la santé, la protection de l’environnement. En ce qui concerne le suivi, il s’intéresse surtout aux campagnes de production, à la protection des sols, à la production  maraichère, à la gestion des eaux souterraines. A en croire la chargée de projet à Christian Aid, Aisseta Kabré, les ressources en eaux souterraines sont supposées résilientes à la variabilité climatique et les volumes de cette ressource actuellement utilisés sont généralement en deçà de la quantité moyenne  des eaux de pluie qui s’infiltrent dans le sol. Et de préciser : « les aquifères peuvent constituer d’importantes mines d’approvisionnement en eau pour soutenir à la fois l’adaptation aux changements climatiques et l’utilisation des terres».

Ainsi donc, le projet BRAVE dit intervenir pour aider à réduire les risques et améliorer la sécurité en eau des communautés rurales en associant les connaissances et la planification de l’exploitation des eaux souterraines à la communication pragmatique et à l’échange des connaissances à tous les niveaux, du plus petit agriculteur jusqu’aux niveaux national et régional.

L’objectif général étant de modéliser les impacts de la variabilité climatique sur les approvisionnements en eau à partir des aquifères de faibles capacités de stockage en vue d’améliorer la prise de décision dans la gestion des ressources en eau. Aux dires donc de la première responsable, Mme Kabré, les activités du projet dans les villages de Tomo et de Poa connaissent une mise en œuvre satisfaisante à travers l’exécution de la principale activité du volet social portant sur la mise en place et l’animation des « listenning group ». La participation de Christian Aid et du Réseau MARP-Burkina dans la mise en œuvre des activités de Brave ont consisté en des échanges permanents avec les communautés pour leur meilleure implication dans les activités. A noter que le projet BRAVE intervient dans quatre localités dont deux au Burkina et deux au Ghana.

 

Pascal Y. BAKO

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