Ouahigouya : pour avoir violé une mineure de 16 ans, il écope d’une peine d’emprisonnement de 07 ans
Ouahigouya, 5 août 2026 (AIB)-Le tribunal de grande instance de Ouahigouya a délibéré au terme de l’audience correctionnelle du mercredi 22 juillet sur le dossier de S.I, poursuivi pour viol sur mineure de 16 ans. Le prévenu, reconnu coupable, écope d’une peine d’emprisonnement de sept (07) ans dont trois (03) ans ferme, assortie d’une amende.
Les faits se sont déroulés dans la soirée du 05 juin 2026 au secteur 10 de la cité de Naaba Kango. La victime S.C, âgée de 16 ans au moment des faits, est née le 29 octobre 2009 et vit sous le toit parental.
À la barre, le prévenu S.I, jeune orpailleur âgé de 19 ans, a reconnu avoir eu un rapport sexuel avec le consentement de S.C, qu’il affirme connaître depuis un certain temps dans le quartier.
« Je l’ai croisée dans la rue et comme je l’avais invitée plusieurs fois sans succès, ce jour elle a accepté de venir avec moi. Une fois chez moi, nous avons eu un rapport sexuel et elle est repartie », a précisé le prévenu qui soutiendra par la suite devant le juge qu’il ignorait l’âge de la victime.
À la question de savoir s’il connaît la victime, S.I répondra par l’affirmative, et par rapport à l’âge de la victime, le prévenu dira qu’il estime son âge à 16 ans.
Le tribunal a posé la question de savoir quelle serait sa réaction si c’était son propre enfant mineure qu’un homme abusait. S.I a répondu sans ambages : « Si ma fille est consentante, c’est normal, je n’en voudrais pas à celui qui a commis l’acte. »
La victime S.C, qui a donné son accord pour que les débats soient publics et non à huis clos, a livré sa version des faits au tribunal.
« Mon père m’a envoyé faire des emplettes et j’ai croisé S.I dans la rue ; il m’a invitée à venir chez lui, juste à côté, et j’ai refusé. Avec la complicité d’un ami, S.I m’a contrainte avec un couteau à rejoindre une maisonnette et, quand je me suis retrouvée à l’intérieur, son ami a condamné la porte de l’extérieur ; c’est ainsi qu’il m’a déshabillée de force avant de passer à l’acte. », a soutenu S.C. Le prévenu a reconnu qu’il portait sur lui un couteau, qu’il a retiré et déposé sur la table, mais a nié l’avoir utilisé pour menacer la victime.
À la question du tribunal de savoir si S.C a crié au secours, elle a répondu oui, tout en précisant qu’il n’y avait personne à côté.
Le parquet a voulu savoir si S.C avait déjà entretenu des relations sexuelles auparavant, la victime a été catégorique : « Je ne connaissais pas d’homme avant l’acte avec S.I. »
Intervenant pour clarifier la situation, le procureur a annoncé, à la grande stupéfaction du géniteur de S.C, présent à l’audience, qu’au vu de l’expertise médicale demandée par le parquet au cours de l’instruction, il ressort que S.C serait déjà sexuellement active au moment des faits.
Dans son réquisitoire, le procureur a estimé qu’au regard de la loi, il s’agit d’un acte grave que S.I a posé, eu égard à l’âge de la victime dont l’acte de naissance confirme qu’elle est née le 29 octobre 2009 (16 ans), donc mineure au moment des faits.
« Conformément à l’article 533 du code pénal, les enfants sont protégés ; l’article précise qu’étant mineure, en cas de relation sexuelle même avec consentement, la loi est formelle et considère que c’est un viol », a laissé entendre le représentant du ministère public.
En répression, le ministère public a requis une peine de prison de 36 mois dont 06 mois ferme et une amende de 100 000 FCFA.
Le procureur a soutenu sa décision en tenant compte de l’âge de la victime et du prévenu (16 ans et 19 ans), tout en estimant que S.I est un délinquant primaire sans antécédent judiciaire.
Au délibéré en date du 29 juillet 2026, le tribunal correctionnel, statuant contradictoirement et en premier ressort, a déclaré S.I coupable des faits qui lui sont reprochés.
En répression, le tribunal a condamné S.I à sept (07) ans de prison dont trois (03) ans ferme et 600 000 FCFA d’amende dont 100 000 FCFA ferme. Le tribunal a donné acte au représentant de la victime, qui a déclaré ne pas se constituer partie civile.
Comme le prévoit la loi, S.I a 10 jours pour faire appel du jugement.
Agence d’information du Burkina
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