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mercredi, 5 août 2026
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Burkina/Thèse: La recherche de Théodore Nikiema révèle les effets positifs de l’agroécologie sur la sécurité alimentaire des ménages agricoles

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Burkina/Thèse: La recherche de Théodore Nikiema révèle les effets positifs de l’agroécologie sur la sécurité alimentaire des ménages agricoles

Ouagadougou, 5 août 2026 (AIB) – Théodore Nikiema a soutenu le 27 juillet 2026 à l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP) du Bénin sa thèse de doctorat en Intelligence Artificielle et Data Science sur le thème : « Évaluation de la transition agroécologique des exploitations agricoles au Burkina Faso à travers une approche empirique ». La recherche, sanctionnée par la Mention très honorable, révèle que les exploitations présentant une forte intensité agroécologique sont significativement moins exposées à l’insécurité alimentaire que celles reposant principalement sur des pratiques conventionnelles (7 % contre 15 % ; p < 0,05).

Les travaux ont été réalisés dans le cadre d’une formation sandwich entre le Natural Resources Institute (NRI) de l’Université de Greenwich et l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP) de l’Université d’Abomey-Calavi, à travers le Programme PASET-RSIF, auquel le Burkina Faso est contributeur financier.

Selon le doctorant, face aux défis liés au changement climatique, à la dégradation des terres et à l’insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, cette recherche vise à mieux comprendre les facteurs qui favorisent ou freinent l’adoption des pratiques agroécologiques, à évaluer leurs effets sur la sécurité alimentaire des ménages agricoles et à proposer des outils d’aide à la décision pour accélérer une large adoption de l’agroécologie au plan national.

S’appuyant sur une base de données de plus de 5 300 exploitations agricoles issues de l’Enquête Permanente Agricole du Burkina Faso, la recherche a permis d’élaborer une typologie des exploitations, d’évaluer leur niveau d’adoption des pratiques agroécologiques et de mesurer leur intensité agroécologique aux niveaux national et régional.

Les résultats montrent qu’au niveau national, seuls 9 % des exploitations agricoles présentent un niveau élevé de combinaison des pratiques agroécologiques (IC à 95 % : 8-11 %), traduisant une importante marge de progression.

De fortes disparités régionales ont également été observées selon les résultats. Les régions du Nord et du Centre-Nord, confrontées à d’importantes contraintes pédoclimatiques, ont davantage recours aux pratiques agroécologiques, tout comme la région de l’Est.

Le doctorant a précisé que la région de l’Est est considérée comme une région historique en matière d’agroécologie, car elle a été la première au Burkina Faso à voir l’implémentation des premières initiatives agroécologiques sous la Révolution des années 1980.

La thèse a aussi développé une approche de modélisation basée sur des séries de données de panel et des méthodes d’apprentissage automatique (Machine Learning) afin de prédire l’évolution future des taux d’adoption des pratiques agroécologiques.

Théodore Nikiema a indiqué que ces méthodes offrent des perspectives prometteuses pour le suivi de la transition agroécologique, notamment en l’absence de données récentes.

La recherche a identifié comme principaux obstacles à cette transition le faible accès au crédit agricole, les difficultés de commercialisation des produits agroécologiques ainsi que l’insuffisance des politiques publiques opérationnelles de soutien et de subvention.

À l’inverse, elle relève comme facteurs favorables un meilleur niveau de sécurité alimentaire des ménages agroécologiques, le genre (notamment les femmes et les jeunes) et la participation active aux organisations paysannes.

Face à cette situation, le doctorant recommande une réorientation progressive des politiques agricoles et des mécanismes de subvention en faveur des pratiques durables.

Il préconise également la promotion des produits agroécologiques à travers leur valorisation sur les marchés, leur achat à des prix rémunérateurs et leur intégration dans les programmes d’approvisionnement des écoles, des établissements de santé, des casernes militaires et des administrations publiques de façon globale.

Aussi, selon leur niveau d’intensité agroécologique, les exploitations agricoles sont appelées à renforcer l’intégration entre l’agriculture, l’élevage et l’agroforesterie. Celles déjà bien intégrées devraient davantage diversifier les espèces végétales et animales afin d’améliorer les bénéfices liés à la diversification et à l’intégration des systèmes de production.

Le jury, présidé par le Pr Enoch Achigan, comprenait les rapporteurs Prof Aubin Seogo, Prof Cokou Patrice Kpadé et Prof Gérard Gouwakinou, l’examinateur Prof Florent Okry, le directeur de thèse Prof Eugène C. Ezin ainsi que les co-directeurs Prof Sylvain Kpenavoun Chogou et Prof Pamela G. Katic.

À l’issue de la délibération, les membres du jury ont salué la pertinence du thème et la qualité scientifique du travail, avant de décerner à Théodore Nikiema la Mention Très Honorable. Ils ont toutefois formulé des amendements et suggestions pour améliorer davantage le document et l’ont encouragé à effectuer un post-doc au regard de l’actualité du sujet et des potentiels nouveaux axes de recherche qui peuvent encore découler de cette thèse.

Théodore Nikiema valide ainsi sa thèse et devient Dr en Intelligence Artificielle et Data Science. Par cette thèse, le nouveau Dr fournit des données scientifiques et des outils d’aide à la décision pour mieux orienter les politiques agricoles et accélérer la transition agroécologique au Burkina Faso.

Agence d’information du Burkina
BAK/yos

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