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Mouhoun/Campagne agricole : Les producteurs multiplient les resemis face à l’installation tardive des pluies
Tchériba, 16 août 2026 (AIB)-L’installation tardive des pluies a contraint de nombreux producteurs à multiplier les semis avec pour conséquence une croissance disparate des cultures. Les paysans continuent de miser sur l’espoir d’une amélioration de la pluviométrie. Constat fait sur le terrain par une équipe de l’AIB.
Après un début de saison marqué par une chaleur persistante, plusieurs producteurs ont dû reprendre leurs semis à la suite de la destruction des jeunes plants par le déficit hydrique.
Dans plusieurs champs visités dans les villages de Tikan et de Tchériba, les différentes étapes de semis sont encore visibles à travers les écarts de croissance entre les plants.
A Tikan, le producteur de coton Ikoulou Bako affirme avoir procédé à plusieurs reprises à des semis de remplacement.
« J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai dû ressemer certaines parties du champ », confie-t-il.
Exploitant plus de deux hectares de coton, le producteur a dit redouter particulièrement l’irrégularité des pluies.
« Les précipitations alternent entre fortes quantités d’eau susceptibles d’inonder les parcelles et longues périodes d’assèchement du sol, deux situations peu favorables au développement des plants », a-t-il expliqué.
Le même constat est fait par Arzouma Baïlou, élève en classe de première D, rencontré dans un champ familial à Tikan.
« Le maïs que vous voyez a été semé trois fois à cause de l’irrégularité des pluies », explique-t-il.
Il précise que les derniers semis ont été effectués aux environs du 17 juillet, à la faveur d’une forte pluie.
La croissance irrégulière des plants témoigne des difficultés rencontrées au cours de la campagne.
Pour le coton, la multiplication des re-semis a également entraîné une consommation plus importante des semences.
Les trois sacs de semences initialement reçus de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) ont ainsi été épuisés, obligeant la famille à en acquérir de nouvelles quantités.
A Tchériba, Daouda Sanogo fait face à une situation similaire. Ayant misé sur les cultures vivrières, il procédait, le 13 août, à de nouveaux travaux dans une parcelle où les plants de mil peinaient à se développer.
L’irrégularité des pluies avait provoqué une accumulation d’eau, transformant une partie du champ en zone marécageuse et compromettant la culture du mil.
Face à cette situation, le producteur a décidé de remplacer le mil par le riz, dont il s’apprêtait à acquérir les semences, en espérant que la pluviométrie observée ces dernières semaines se maintienne.
A Tikan, Kilou Baïlou et Bitibié Bako rapportent également avoir dû reprendre leurs semis à plusieurs reprises avant d’obtenir une germination satisfaisante.
Pour chacun d’eux, les difficultés de la campagne sont principalement liées à l’irrégularité des pluies.
Malgré ces contraintes, les producteurs refusent de céder au découragement. Pour Ikoulou Bako, l’évolution récente de la pluviométrie permet encore d’espérer une issue favorable à la campagne.
« Il est vrai qu’en apparence, la situation peut être inquiétante, mais si les pluies restent régulières comme on le constate actuellement, on pourra avoir des résultats positifs », estime-t-il.
Le producteur reste toutefois prudent. Il considère qu’il faudrait des conditions pluviométriques particulièrement favorables pour que les rendements de cette campagne puissent atteindre ceux de la précédente.
Entre semis répétés, pertes de plants et adaptation des spéculations, les producteurs de Tchériba font ainsi preuve de résilience face aux aléas climatiques.
Si la poursuite régulière des pluies nourrit encore l’espoir d’une bonne récolte, la situation appelle également à la prudence et à la constitution de stocks alimentaires suffisants afin de mieux faire face à d’éventuelles difficultés au terme de la campagne.
Agence d’information du Burkina
SLT/HB/OO

