BURKINA-KOURITTENGA-EDUCATION-ALPHABETISATION-EXAMEN
Kourittenga : Un docteur en sciences de l’éducation à l’examen du diplôme d’alphabétisation
Pouytenga, 19 mai 2026 (AIB)-Le Docteur en sciences de l’éducation, inspecteur de l’enseignement primaire et chargé de mission au ministère en charge de l’Education, Dasmané Mogmenga, a pris part avec les candidats, ce mardi 19 mai 2026, à l’examen du diplôme d’alphabétisation à l’école de Konlastenga de Pouytenga.
Costume sobre et documents à la main, le spécialiste des politiques éducatives, Dasmané Mogmenga, s’est installé parmi les autres candidats avec la même sérénité que les apprenants venus chercher leur parchemin.
Pourtant, derrière cette simplicité se cache un parcours académique et professionnel impressionnant.
Titulaire d’un doctorat en politiques éducatives obtenu à l’Université Norbert-Zongo, d’un master en sciences de l’éducation et d’une licence en sociologie, M. Mogmenga cumule près de trois décennies d’expérience dans le système éducatif burkinabè.
Instituteur adjoint certifié à ses débuts, il a progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir inspecteur de l’enseignement primaire, puis chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Pouytenga II pendant dix ans.
Actuellement chargé de mission au Ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN), il participe à l’élaboration et au suivi des politiques éducatives nationales.
Pour lui, participer à l’examen du diplôme d’alphabétisation revêt une signification particulière.
« La maîtrise des langues nationales n’est pas seulement réservée aux populations rurales, mais aussi aux intellectuels. En tant que chargé de mission au MEBAPLN, rechercher une certification en langue nationale permet non seulement de valoriser nos valeurs socioculturelles, mais aussi de favoriser la communication institutionnelle», a-t-il indiqué.
Pour Dasmané Mogmenga, cela va lui permettre de mieux comprendre les préoccupations des populations ainsi que les objectifs du ministère.
«Parmi les onze chantiers du MEBAPLN figure le développement et la valorisation des langues nationales. C’est ce qui m’a motivé à venir composer en langue nationale », a-t-il expliqué.
Spécialiste des questions d’inclusion scolaire, de formation des enseignants et de réussite éducative, il estime que les langues nationales occupent une place stratégique dans le développement du Burkina Faso.
« Le développement endogène a besoin de valoriser nos cultures et nos identités culturelles. Des pays comme la Chine, l’Inde ou le Japon, qui étaient moins avancés il y a plusieurs décennies, se sont développés en s’appuyant sur leurs cultures et leurs langues», a-t-il dit.
Selon lui, il est temps de retourner vers nos cultures et nos langues pour assurer notre développement.
Il a invité tous ceux qui doutent encore à venir apprendre et valoriser nos langues nationales », a-t-il soutenu.
Ses recherches scientifiques, publiées dans plusieurs revues africaines et internationales, portent notamment sur les défis liés à la scolarisation des élèves déplacés internes, l’éducation inclusive, la formation continue des enseignants et les mécanismes d’adaptation scolaire des apprenants issus de formules alternatives.
En décembre 2025, il a également publié un ouvrage consacré à l’inclusion scolaire des élèves déplacés internes au Burkina Faso entre 2018 et 2023.
Dans ce centre de Konlastenga, qui accueille 190 candidats, sa présence a suscité admiration et inspiration chez de nombreux participants, dont plusieurs enseignants alphabétisés.
L’inspecteur de l’enseignement de base et de l’éducation non formelle, Noël Yaméogo, qui assurait la surveillance dans la salle où composait le Dr Mogmenga, a salué l’initiative.
«Avec tous les diplômes qu’il possède, revenir chercher un diplôme en langue nationale montre l’importance qu’il accorde à nos langues, notamment le mooré», a-t-il ajouté.
Agence d’information du Burkina
WMGN/AWS/HB/OO

