FRANCE-CRISE-BUDGETAIRE
Crise budgétaire en France: Lecornu demande aux Français un « effort » de 54 milliards d’euros dans un pays lourdement endetté
Ouagadougou, 18 sept. 2026 (AIB)- Face à la crise budgétaire sans précédent que vit la France, caractérisée par un déficit public élevé et une dette en progression, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a demandé jeudi 17 septembre 2026 aux Français un « effort » de 54 milliards d’euros pour 2027, à l’issue d’un séminaire gouvernemental.
Cette nouvelle cure d’économies intervient alors que la dette publique française s’élevait à 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, en hausse de 75,6 milliards d’euros sur un trimestre.
« Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale », a déclaré Sébastien Lecornu. Il refuse toutefois de qualifier son projet de « budget d’austérité ».
L’effort, équivalant à environ 1,8 point de PIB, vise à contenir les dépenses publiques. Sans nouvelles économies, le déficit pourrait atteindre 6,5 % du PIB en 2027, selon le Premier ministre.
La pression est renforcée par le coût de la dette. Les intérêts nécessiteraient 10 milliards d’euros supplémentaires en 2027, tandis que les dépenses des collectivités locales pourraient progresser de 7 milliards et celles de la Sécurité sociale de 22 milliards.
Le gouvernement prévoit de geler les crédits de la plupart des ministères, à l’exception des Armées, de la Justice, de l’Intérieur, de la Recherche et de l’Écologie. Le budget des Armées augmentera de 6,4 milliards d’euros en 2027.
Les économies seront recherchées ailleurs. Le ministère du Travail devra réaliser 2,5 milliards d’euros d’efforts. L’exécutif prévoit 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie et veut poursuivre la réforme des ruptures conventionnelles.
Les retraités sont concernés. Sébastien Lecornu assure qu’aucune pension ne diminuera, mais laisse au Parlement la décision sur le rythme de leur revalorisation.
Le gouvernement n’annonce pas de hausse générale des impôts, mais ses marges de manœuvre sont réduites par le financement des dépenses et le renchérissement de la dette.
Dans ses projections de juin 2026, la Banque de France estimait que le ratio de dette publique atteindrait 122 % du PIB en 2028, contre 90 % pour la zone euro. Elle prévoyait aussi, sans économies supplémentaires, un déficit public de 5,2 % du PIB en 2026.
À quelques mois des élections présidentielles de 2027, la France reste confrontée à une impasse budgétaire, avec une dette en hausse, un déficit persistant et des économies imposées aux ménages. Malgré les promesses de redressement, les comptes publics demeurent lourdement dégradés.
Agence d’Information du Burkina
Source: RT

