Burkina/Thèse: Ali Iname obtient son Doctorat en Sciences et Technologie avec un procédé de recyclage des métaux critiques des batteries en fin de vie

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Burkina/Thèse: Ali Iname obtient son Doctorat en Sciences et Technologie avec un procédé de recyclage des métaux critiques des batteries en fin de vie

Ouagadougou, 21 sept. 2026 (AIB)- Ali Imane a obtenu, jeudi 17 septembre 2026 à l’Université Joseph Ki-Zerbo, les grades de Docteur en Sciences de l’Ingénieur et Technologie de l’Université de Mons et de Docteur en Sciences et Technologie de l’Université Joseph Ki-Zerbo, avec la mention « Très honorable », en développant un procédé durable de recyclage des métaux critiques, notamment le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse, contenus dans les batteries Li-ion en fin de vie.

Intitulée « Mécanisme de mise en solution et de transfert des métaux critiques présents dans les batteries modernes par des voies de chimie douce », la thèse relève du domaine des Sciences et Technologies, mention Chimie et Métallurgie, spécialité Génie des procédés chimiques et métallurgiques.

Selon Ali Iname Imane, l’essor des véhicules électriques, les systèmes de stockage des énergies renouvelables et des équipements électriques et électroniques a accru la demande en batteries lithium-ion et la pression sur les ressources minérales en métaux critiques.

Il a souligné qu’en fin de vie, ces batteries constituent une source secondaire de métaux critiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse, faisant de leur recyclage un enjeu stratégique, économique et environnemental.

L’impétrant a alors développé un procédé durable de recyclage de ces métaux critiques contenus dans les batteries Li-ion (batterie de téléphone, ordinateur portable et de véhicule électrique) à l’aide de solvants eutectiques profonds (SEPs) considérés comme solvants verts.

Pour y parvenir, il a d’abord développé un procédé de récupération de concentré riche en métaux critiques à partir des batteries Li-ion en fin de vie par pyrolyse, broyage-tamisage et extraction de l’aluminium par traitement alcalin.

Ses travaux sur la spéciation des métaux critiques ont montré que la concentration des ions influence peu leur environnement chimique, tandis que la nature du solvant eutectique profond joue un rôle déterminant, notamment pour les ions nickel (II), dont la géométrie de coordination varie selon le milieu.

Ali Iname a ensuite procédé à la lixiviation des métaux des batteries Li-ion de type LCO ( Oxide de Lithium Cobalt ), LMO( Oxide de Lithium Manganèse) et NMC( Oxide de lithium nickel manganèse cobalt ) avec différents SEPs. Il a indiqué que les SEP à caractère « acide » se sont révélés les plus performants.

Selon les résultats obtenus, avec le SEP Chlorure de Choline- acide Lactique (1:2), utilisé pour la cathode NMC, les taux de lixiviation ont atteint 76,7 % pour le lithium, 54,8 % pour le cobalt et 100 % pour le nickel et le manganèse, à 90 °C pendant 24 heures, au ratio liquide/solide (L/S) de 40 mL.g-1.

L’étude mécanistique menée a établi que la lixiviation est contrôlée par une cinétique de réaction chimique conduisant à la formation de complexes métalliques chlorés.

Le nouveau Docteur a expliqué que la séparation et récupération des métaux lixiviés des cathodes LCO, LMO et NMC par précipitation chimique à l’acide oxalique a permis d’atteindre des rendements de 99 %, avec une pureté métallique supérieure à 97 %.

Il a également précisé que les essais d’électrodéposition, réalisés dans le SEP chlorure de choline-urée (1:2), ont montré la possibilité de récupérer ces métaux sous forme métallique suffisamment pure.

Selon Ali Imané, le lithium résiduel a, pour sa part, été récupéré par précipitation au carbonate de sodium, avec une efficacité de 90,1 % et une pureté de 76,4 %.

Les résultats de cette recherche ont déjà fait l’objet d’une publication scientifique dans une revue internationale de haut niveau, spécialisée dans le domaine, et indexée dans la base de données Scopus. La pertinence et la qualité de ces travaux lui a valu de recevoir deux prix lors des Journées scientifiques nationales et internationales.

Le jury international de cette soutenance, présidé par le Pr Mohamed Seydou, était composé des rapporteurs, les Pr Mabinty Bayo-Bangoura et Anne-Lise Hantson ainsi que le Dr N’Dri Koamé, des examinateurs, les Dr Augustin Dekoninck et Inoussa Zongo, et des directeurs de thèse, les Pr Issa Tapsoba et Véronique Vitry.

Le jury a salué la pertinence du sujet et la qualité des résultats obtenus, qualifiant le travail de formidable et le document de thèse bien rédigé et agréable à lire.

Il a aussi indiqué que l’impétrant a fait un très bon exposé et a donné des réponses satisfaisantes aux questions posées par les membres.

Après en avoir délibéré, le jury a décerné à Ali Iname les grades de Docteur en Sciences de l’Ingénieur et Technologie de l’Université de Mons en Belgique et de Docteur en Sciences et Technologie de l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, avec la mention « Très honorable ».

Pour le nouveau Docteur, le procédé ainsi développé constitue une alternative efficace, prometteuse et respectueuse de l’environnement aux procédés conventionnels de recyclage des métaux valorisables.

Ces travaux mettent en évidence le potentiel des batteries en fin de vie comme source secondaire de métaux valorisables, en particulier dans les pays en développement où leur gestion reste limitée.

Leur valorisation constitue un levier important pour réduire les impacts environnementaux, sécuriser l’accès aux ressources valorisables et soutenir l’économie circulaire, tout en soulignant la nécessité de politiques adaptées de gestions des batteries Li-ion en fin de vie.

Agence d’Information du Burkina
BAK/yos

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