Burkina/numérique : plus de 600 000 casiers judiciaires délivrés en ligne
Ouagadougou, 2 juin 2026 (AIB)-La digitalisation du secteur de la justice a permis la délivrance de plus de 600 000 casiers judiciaires et de plus de 70 000 certificats de nationalité, ont indiqué mardi les responsables du ministère en charge de la Justice à l’ouverture du Forum national sur la digitalisation du secteur judiciaire.
Le ministère de la Justice a ouvert mardi à Ouagadougou un forum national de deux jours sur la digitalisation du secteur judiciaire afin d’identifier des solutions permettant de rendre les services de justice plus accessibles aux citoyens, notamment aux populations vulnérables et aux personnes déplacées internes.
Selon le directeur des systèmes d’information du ministère de la Justice, Zanou Moussa Zango, plusieurs plateformes sont déjà opérationnelles. La plateforme de délivrance du casier judiciaire en ligne a permis d’établir plus de 600 000 documents, tandis que celle dédiée au certificat de nationalité a enregistré près de 70 000 délivrances. Lancée en février dernier, la plateforme des actes dérivés du RCCM a, quant à elle, produit environ 2 000 actes, a-t-il précisé.
M. Zango a également annoncé la mise en service d’une plateforme de justice pénale permettant aux citoyens de déposer et de suivre leurs plaintes en ligne. Treize (13) plaintes y ont déjà été enregistrées et traitées.
Dans son discours lu par son chargé de mission Seydou Ouédraogo, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a indiqué que la digitalisation vise à rapprocher la justice des citoyens à travers des services plus accessibles, rapides et moins coûteux. Il a cité les plateformes de délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité comme des avancées majeures dans la modernisation du secteur.
Le ministre a toutefois souligné que cette transformation doit tenir compte des défis liés à l’insuffisance des infrastructures, à la faible connectivité, aux barrières linguistiques et à la fracture numérique. Il a insisté sur la nécessité de bâtir une justice numérique inclusive, adaptée aux réalités nationales et centrée sur les besoins des populations.
Il a enfin exprimé le souhait que le forum débouche sur des recommandations concrètes et une feuille de route réaliste pour renforcer l’accès à la justice au Burkina Faso.
La directrice du programme SAHEL de l’institut de la Haye pour l’innovation du droit (HiiL), Marie Compaoré Duprez, a salué les efforts de modernisation de la justice burkinabè à travers la digitalisation de plusieurs services. Elle a toutefois relevé les défis liés à la sécurité, à la connectivité et aux inégalités d’accès au numérique.
Selon elle, la transformation numérique doit avant tout améliorer l’accès à la justice pour tous, notamment les populations vulnérables, grâce à des solutions adaptées aux réalités locales. Elle a plaidé pour une approche inclusive fondée sur l’accompagnement des usagers, l’accessibilité et la collaboration entre les différents acteurs.
Agence d’information du Burkina
RAB/yos









