Burkina : Le ministère de la Famille et ses partenaires échangent sur la prise en charge des survivants des VBG
Ouagadougou, 12 mai 2026 (AIB) – Le ministère de la Famille et de la Solidarité, en partenariat avec l’Ambassade du Royaume de Belgique et l’Agence belge de développement (Enabel), a organisé mardi un panel d’échanges sur les modèles de centres de prise en charge des survivants de violences basées sur le genre (VBG), en vue d’améliorer la coordination et l’efficacité des interventions.
Présidant l’ouverture des travaux au nom de la ministre de la Famille et de la Solidarité, Alphonsine Sawadogo, chargée de mission, a indiqué que cette rencontre vise à capitaliser les expériences existantes afin d’aboutir à un référentiel national harmonisé pour la prise en charge des survivants des VBG.
Selon elle, le contexte sécuritaire et humanitaire a fortement aggravé les violences faites aux femmes et aux filles, notamment dans les zones touchées par les déplacements forcés de populations.
Les déplacements massifs, la promiscuité dans les sites d’accueil et la fragilisation des mécanismes traditionnels de protection exposent davantage les personnes vulnérables aux violences, a-t-elle expliqué.
Mme Sawadogo a rappelé qu’en 2025, le Burkina Faso a enregistré 9 962 cas de violences basées sur le genre, dont 8 723 concernant les femmes et les filles, contre 1 239 cas impliquant des hommes et des garçons.
Elle a précisé que les violences sexuelles, les mariages forcés, les agressions physiques et les violences conjugales figurent parmi les formes les plus récurrentes recensées par les services compétents.
Pour faire face à cette situation, plusieurs centres spécialisés ont été mis en place par l’État et ses partenaires. Il s’agit notamment du Centre de Baskuy à Ouagadougou, du Centre de Kaya, du Centre mère-enfant à Tenkodogo ainsi que du Centre Delwendé de Sakoula.
Ces structures, selon la chargée de mission, assurent une prise en charge dite holistique des survivants, à travers un accompagnement médical, psychosocial, juridique et socio-économique.
Selon les données présentées au cours du panel, le Centre de Baskuy a pris en charge 774 survivants en 2025, tandis que celui de Kaya en a accueilli 210 et le Centre mère-enfant de Tenkodogo, 33.
Malgré les acquis enregistrés, plusieurs défis persistent, notamment l’insuffisance des ressources financières, le manque de coordination entre les acteurs et la nécessité d’un cadre harmonisé de fonctionnement.
L’ambassadeur du Royaume de Belgique au Burkina Faso, Erwin De Wandel, a salué les efforts engagés par les autorités burkinabè en faveur des survivants des VBG.
Il a plaidé pour une réponse multisectorielle impliquant les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité et de l’action sociale, afin de garantir une meilleure protection des victimes.
La directrice exécutive du Centre de Recherche et d’Intervention en Genre et Développement, Dr Nestorine Sangaré, a retracé l’évolution historique des centres d’accueil au Burkina Faso.
Elle a rappelé qu’à leurs débuts, ces structures étaient communément appelées « refuges » avant d’évoluer progressivement vers des centres intégrés de prise en charge.
Dr Nestorine Sangaré a recommandé la mise en place d’un comité technique intersectoriel chargé d’élaborer un référentiel national harmonisé et de mobiliser les ressources nécessaires à leur fonctionnement durable.
« Chaque survivante qui ose briser le silence mérite écoute, protection et accompagnement », a-t-elle déclaré.
Agence d’information du Burkina
Nat/yos

