Burkina/15 Mai : sānāba KPG invite à découvrir au Musée national un savoir ancestral remontant à 2800 ans avant Jésus-Christ
Ouagadougou, 11 mai 2026 (AIB) – Dans le cadre de la célébration de la Journée des coutumes et des traditions, le Trésor humain vivant (THV), KPG, conduit depuis mars la construction de fourneaux traditionnels d’extraction du fer. Ce procédé scientifique ancestral, qui remonte à 2800 ans avant Jésus-Christ, selon Dr Lassina Simporé, sera présenté gratuitement par le chef forgeron du 14 au 15 mai 2026 au Musée national, à travers l’allumage des fourneaux, la maîtrise du feu et « l’accouchement du fer ».
Maître de conférences en archéologie africaine, Lassina Simporé, qui prononcera une conférence à cette occasion, souligne que les recherches ont permis de retenir que le plus ancien site métallurgique découvert au Burkina Faso date du VIIIe siècle avant Jésus-Christ.
Cela permet d’établir, selon lui, que des populations vivaient déjà au Burkina Faso et savaient extraire le fer. De cette époque à nos jours, c’est près de 3000 ans d’histoire que le THV résume au profit des Burkinabè, a ajouté Dr Simporé.
Pour l’enseignant, « si la réduction du fer ne s’était pas arrêtée, aujourd’hui rien ne dit que nous ne pourrions pas fabriquer l’acier nécessaire à la fabrication de nombreux objets utiles à notre société », a-t-il exprimé.
Sánába Bounda, dit KPG, indique que le ministère en charge de la Culture a voulu, dans le cadre du Mois du patrimoine culturel, que les THV alimentent les débats à travers des démonstrations des savoirs et savoir-faire ancestraux au profit de la jeune génération.
Ainsi, une combinaison de fourneaux d’ici et d’ailleurs, hauts de 3 à 4 mètres et fonctionnant durant environ 36 heures, est en cours de réalisation. « C’est une fabrication qui va désormais rester comme pièce de musée, à travers laquelle nous retraçons l’une des sciences africaines qu’est la réduction du fer », a-t-il souligné.
« Des rituels de protection et de bénédiction, les forgerons sont là », a-t-il clamé, invitant le public à venir faire une immersion dans les racines de notre culture.
Pour rappel, le processus de réduction du fer consistait autrefois à identifier au préalable les arbres capables de produire le charbon nécessaire à la réduction du minerai, constitué de roches ferralitiques communément appelées « cailloux sauvages ».
Ensuite, il fallait imaginer la structure (fourneau) capable de contenir la quantité de minerai recueilli ainsi que la chaleur nécessaire pour libérer les atomes de fer qui se regroupaient et se déposaient au fond du fourneau afin de former la loupe de fer. Enfin, cette loupe de fer était retirée puis envoyée à la forge pour être débarrassée de ses impuretés avant l’étape de l’outillage.
Agence d’information du Burkina
NAK/yos









