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Burkina/15 Mai : Entre tradition et science, Sànàba Bounda et Dr Lassina Simporé émerveillent un large public au Musée national

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Burkina/15 Mai : Entre tradition et science, Sànàba Bounda et Dr Lassina Simporé émerveillent un large public au Musée national

Ouagadougou, 15 mai 2026 (AIB) – Dans le cadre de la célébration du Mois du patrimoine burkinabè et de la Journée des coutumes et traditions célébrée chaque 15 mai, Sànàba Bounda, dit KPG, a expérimenté vendredi, au Musée national, la réduction du fer, sur la base d’un savoir-faire ancestral remontant à plusieurs siècles avant Jésus-Christ.

Maître de conférences en archéologie africaine, Dr Lassina Simporé a animé une conférence publique au cours de laquelle il a démontré, de bout en bout, tout le processus scientifique encadrant cette réduction du fer, en présence du ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

Sànàba Bounda a confié que « l’espace kùdùgù » est un espace de construction et un cadre pédagogique désormais propriété du Musée national. « Il permet à la nouvelle génération de découvrir les savoirs et savoir-faire qui nous ont été légués », a-t-il exprimé.

Selon lui, il convient de rappeler aux jeunes que nos ancêtres maîtrisaient déjà, à une époque très reculée, la notion du fer ainsi que les mécanismes liés à sa production. La philosophie qui entoure ces procédés n’est pas moindre, car, dit-il, le fourneau enseigne que c’est à l’épreuve du feu que l’homme ou l’or révèle sa valeur. « Pour atteindre une certaine maturité, il faut produire du sens et être utile à notre humanité. Ce sont d’ailleurs les raisons qui ont présidé à cette initiative », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, lorsque Jésus-Christ marche sur le feu, cela constitue un miracle, mais quand nous faisons pareil, les gens y voient de la sorcellerie », a-t-il affirmé avant d’indiquer que leur démonstration sur la maîtrise du feu relève de la pure science. « Le fait d’ajouter un minerai à un “fondant” pour faciliter l’élimination de la gangue, ou encore une décoction qui immunise le corps au contact du feu, constituent des processus scientifiques », a-t-il expliqué.

Pour le ministre de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, « l’espace kùdùgù » est un projet qui a démontré une extrême pertinence et qui a valu l’accompagnement de son département pour sa réalisation, en cohérence avec le Mois du patrimoine burkinabè et la célébration du 15 mai.

Il a salué cette technique endogène de fabrication du fer qui permettait autrefois de produire des outils agricoles ainsi que des armes blanches, avant son interruption avec l’avènement de la colonisation.

« Il est impérieux aujourd’hui de travailler à revaloriser les personnes détentrices de ces savoirs et d’encourager leur transmission à la jeune génération », a-t-il appelé, avant de témoigner son émerveillement et son admiration à Sànàba Bounda.

M. Ouédraogo a invité la génération actuelle à s’intéresser davantage à nos coutumes et traditions, qu’il considère comme une pure science héritée de nos ancêtres.

Agence d’information du Burkina
NAK/yos

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