Boulgou/15 mai : le chef de canton de Zabré implore les ancêtres pour la paix et une bonne saison des pluies
Zabré, 15 mai 2026 (AIB)-Le chef de canton de Zabré, Kiir Ki (Naaba Kougri), a présidé ce jeudi les cérémonies sacrificielles entrant dans le cadre de la célébration de la Journée des coutumes et traditions. À travers l’immolation de poulets, de cabris et de bœufs, les autorités coutumières ont formulé des prières pour la paix au Burkina Faso et une bonne saison des pluies.
Entre fumée de grillades, battements de tam-tams et invocations aux ancêtres, la Journée des coutumes et traditions a été célébrée ce jeudi à Zabré dans une ambiance de grande ferveur populaire.
Autour du chef de canton, Kiir Ki, des centaines de personnes ont assisté aux sacrifices rituels destinés à implorer la paix au Burkina Faso et une bonne saison hivernale.
Dès les premières heures de la matinée, la grande place des sacrifices de Zabré grouillait déjà de monde.
Sous des tentes dressées pour l’occasion, femmes et jeunes prennent place tandis que les griots font résonner chants traditionnels et louanges royales au rythme des tam-tams et des tambours d’aisselle.
L’arrivée du chef de canton de Zabré, Kiir Ki, plus connu sous le nom de Naaba Kougri, attire tous les regards.
Drapé de blanc et entouré de notables coutumiers, il avance lentement vers les pierres sacrificielles sous les acclamations de la foule.
Sous les tentes dressées se tiennent la quasi-totalité des chefs des 44 villages du canton, des autorités coutumières venues d’autres localités ainsi que les membres de la délégation spéciale, conduits par le préfet, président de la délégation spéciale (PDS) de Zabré, Alain Boubié Bassano.
Avant les sacrifices, le chef de canton accomplit les rites préliminaires en buvant « l’eau blanche », une boisson traditionnelle obtenue à partir du petit mil écrasé à la main.
Une calebasse lui est ensuite remise. Après quelques paroles murmurées à l’intention des ancêtres, il verse lentement une partie du breuvage sur les pierres sacrées. Le silence se fait. Les immolations peuvent commencer.
Tout de blanc vêtu, une peau de mouton attachée au dos, un sage de la cour royale entame alors les sacrifices.
Les poulets tombent les uns après les autres dans une cadence soutenue. Ils seront près d’un millier à être immolés. Suivront une vingtaine de cabris puis deux bœufs.
Très vite, l’ambiance devient encore plus animée. Les enfants s’occupent du plumage des volailles tandis que des groupes de jeunes procèdent au découpage des ruminants. L’odeur des grillades envahit progressivement la place.
Sous les tentes, les boissons traditionnelles circulent entre les convives.
Des femmes dansent au rythme des instruments traditionnels pendant que les commerçants profitent de l’affluence pour réaliser de bonnes affaires.
À quelques mètres du site, sous un arbre, un charlatan attire également des curieux. Avec ses pierres, son bois sacré et des cauris, il tente de lire l’avenir pour les adeptes du domaine mystique.
Lorsque les viandes sont prêtes, une dernière étape symbolique intervient. Une partie des foies grillés est offerte aux ancêtres par le chef de canton, avant le partage de la viande avec les participants. Le festin populaire peut alors commencer.
À l’issue des cérémonies, Naaba Kougri a affiché sa satisfaction.
« Nous avons demandé aux ancêtres d’accorder la paix au Burkina Faso et de nous gratifier d’une bonne saison des pluies », a-t-il déclaré.
Le chef coutumier s’est également réjoui de la forte mobilisation de la jeunesse.
« Cela nous rassure quant à la transmission de nos traditions aux générations futures », a-t-il souligné.
Le PDS de Zabré, Alain Boubié Bassano, a pour sa part salué la collaboration entre autorités administratives et coutumières.
« Ce sont les mêmes populations que nous administrons. Si les leaders se comprennent et travaillent ensemble, cela renforce la cohésion sociale », a-t-il affirmé.
Au terme de cette journée marquée par les rites, les danses et le partage, les participants sont repartis satisfaits, convaincus d’avoir renoué avec leurs racines et leurs valeurs ancestrales.
Pour rappel, le chef de canton de Zabré est l’actuel président du Haut Conseil de la chefferie traditionnelle bissa.
Agence d’Information du Burkina (AIB)
JPB/ata









