Ce champ subit un stress hydrique.

Bam : Les maraîchers de Guibaré désemparés par le brusque assèchement de leur barrage

Kongoussi, 17 mars 2021 (AIB) – Le millier de maraîchers dont 300 femmes qui exploitent près de 600 ha aux alentours du barrage de Guibaré, dans le Centre-Nord du Burkina Faso, sont désemparés par le brusque assèchement de leur unique point d’eau. Si rien n’est fait dans l’urgence, clament-ils, une année d’investissement sera perdue.

Ce sont des producteurs désespérés que nous avons retrouvés ce 15 mars 2021 en début de matinée sur les berges du barrage de Guibaré, situé à 35 km de Kongoussi. Le motif de leur désespoir : l’unique point d’eau de la localité qui est le barrage de Guibaré a tari brutalement alors que plusieurs hectares d’exploitation de contre-saison étaient en cours de production.

«Depuis 20 jours, le barrage a tari. Pourtant il y a environ 600 ha en cours d’exploitation. Habituellement, l’eau tari vers fin avril mais cette année, le barrage a brutalement tari et nous sommes dans l’impasse. Tous ceux qui ont investi cette année courent des pertes», a indiqué Félix Ouédraogo, président du comité des usagers de l’eau de Guibaré. Ils plaident auprès de la mairie pour une solution.

 

 

Gilbert Sawadogo affiche un air désolé face à la situation.

Awa Sawadogo abonde dans le même sens. Représentante des femmes productrices de Guibaré, son cri de cœur est sans équivoque.

Awa Sawadogo appelle les autorités aiu secours.

«Nous sommes environ 300 femmes qui travaillons le long du barrage. Mais depuis que l’eau a tari on ne sait plus à quel saint se vouer. Nous demandons au gouvernement et aux bonnes volontés de nous aider pour que notre unique trésor ne s’effondre pas. Tout ce qu’on a investi cette année est en train de sombrer», poursuit- elle.

3. La pression continue sur le barrage sous toutes les formes.

Nous avons pu constater dans l’un des périmètres que la production est abandonnée aux oiseaux par manque d’eau. Selon un des exploitants, environ 6 ha sont touchés par cette situation. Il soutient que la plupart des producteurs contractent des crédits pour la campagne, toute chose qui sera difficile cette année au moment du remboursement.

Du côté de la municipalité, le maire Karim Sawadogo dit ne pas disposer de solutions immédiates. Pour lui, seule la bonne réhabilitation du barrage pourra sauver la commune de cette difficulté.

Même la digue connait des détériorations par endroits.

«En 2013, une entreprise s’est présentée dans mon bureau pour une réception du barrage qu’elle a réhabilité. Après renseignement, les populations disent que le barrage n’a pas été réhabilité. J’ai refusé de signer. Mais au moins si ladite réhabilitation était bien faite, on ne serait pas à cette situation.  Au niveau du conseil municipal, nous allons prévoir quelques sacs de ciment pour les aider à réparer le déversoir qui risque de s’effondrer», soutient le maire.

Pourtant, un panneau sur lequel figure le projet de réhabilitation de 2013 trône toujours devant l’ouvrage.

Ce barrage est l’unique point d’eau et le poumon économique de Guibaré.

Contacté, le Directeur provincial de l’Eau et de l’Assainissement du Bam Abdoulaye Compaoré donne un autre son de cloche.

Pour lui, le barrage a bel et bien été réhabilité en 2013 par le projet de réduction de la vulnérabilité des petits barrages au changement climatique.

Il précise que la situation actuelle est causée par une exploitation excessive du barrage par les populations.

Pour Abdoulaye Compaoré, le barrage a bel et bien été réhabilité.

«C’est la pression démographique sur le barrage qui cause cette situation. Vous avez une multitude d’exploitants qui utilisent l’eau en foulant aux pieds les règles en la matière. Actuellement il y a trop de périmètres autour du barrage. En plus de cela, il y a l’ensablement parce que les producteurs travaillent sur le lit du barrage», a insisté M. Compaoré.

Le Directeur provincial en charge de l’Eau a aussi rappelé que la réhabilitation des barrages coûte extrêmement cher et que son ministère a un plan qui permet de réhabiliter un barrage par an et par région, suivant le niveau de dégradation.

Le chef de la Zone d’appui technique (ZAT) de l’Agriculture de Guibaré, Moussa Isidore Dabiré tout en étant reconnaissant la précarité de la situation, a aussi pointé du doigt, l’utilisation excessive du potentiel en eau.

Selon ses estimations, plus de 150 hectares d’oignon sont produites chaque année autour du barrage. A cela s’ajoute la tomate et autres produits.

Moussa Isidore Dabiré recommande l’irrigation par appoint.

 

Comme solution, il propose l’irrigation d’appoint (avec des puits autour du barrage) pour résorber la situation.

Mais en attendant que cette piste soit explorée, de nombreux producteurs appellent au secours des personnalités comme Simon Compaoré, le président du Parlement Bala Sakandé ou le Larlé Naaba Tigré pour parer au plus pressé.

4. Le maire de Guibaré Karim Sawadogo dit compter sur le gouvernement pour soulager la population.

En rappel, le barrage de Guibaré a été réalisé en 2000 avec une capacité de 60 000 mètres cube d’eau. Il est le 3e barrage de la commune après celui de Yilou et de Niangwèla.

Agence d’information du Burkina

Asmado RABO

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