Refondation de l’école burkinabè : Ousséni Kaboré plaide pour une traduction concrète des ambitions du Pacte NEKRE
Loumbila, 7 nov. 2026 (AIB)-Dans une contribution adressée au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l’inspecteur de l’enseignement primaire et de l’éducation non formelle Ousséni Kaboré formule plusieurs propositions pour renforcer la qualité de l’éducation, améliorer les conditions de travail des acteurs et consolider les acquis des réformes engagées.
La refondation de l’école burkinabè appelle un engagement collectif et des actions concrètes sur le terrain. C’est la conviction exprimée par l’inspecteur, en poste à la circonscription d’éducation de base (CEB) de Loumbila, dans ce plaidoyer rédigé à la suite du lancement du Pacte NEKRE, intervenu le 17 octobre 2026 à Kaya.
Dans cette contribution, Ousséni Kaboré salue l’ambition portée par cette initiative nationale et entend apporter sa réflexion à la dynamique de transformation du système éducatif.
Pour lui, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les orientations et les engagements se traduisent par des améliorations perceptibles dans les établissements scolaires et dans les conditions de travail des personnels.
Parmi les priorités soulevées figure la restauration de la confiance des populations dans l’école.
Évoquant le retour de jeunes Burkinabè depuis certains pays de la sous-région, notamment dans le contexte de la lutte contre l’orpaillage artisanal, Ousséni Kaboré invite à une réflexion sur la place de l’éducation dans les perspectives d’avenir de la jeunesse.
Il préconise, à cet effet, un renforcement des passerelles entre l’éducation, la formation professionnelle et l’insertion socioéconomique.
L’amélioration des conditions de travail des enseignants constitue un autre axe majeur de son plaidoyer.
L’inspecteur estime que la recherche de meilleurs résultats scolaires doit s’accompagner d’un environnement professionnel adapté.
Il plaide notamment pour des salles de classe convenablement équipées, un accès suffisant aux manuels et matériels didactiques, des points d’eau et des latrines fonctionnels, ainsi qu’une meilleure prise en compte de la protection sociale et de la valorisation de la fonction enseignante.
Abordant les innovations pédagogiques, notamment l’introduction de l’anglais, des langues nationales et des technologies de l’information et de la communication (TIC), il insiste sur la nécessité d’un accompagnement renforcé des enseignants.
Selon lui, les formations doivent être suffisamment approfondies, progressives et pratiques pour permettre une meilleure appropriation des nouvelles approches pédagogiques.
Il recommande en outre un suivi régulier en classe et la mise à disposition de matériels didactiques adaptés.
Dans la même dynamique, Ousséni Kaboré attire l’attention sur les conditions matérielles de la formation continue des personnels.
Il invite à une application effective des dispositions réglementaires relatives à la prise en charge des prestations spécifiques des agents publics, notamment celles du décret n° 2024-1085/PRES/PM/MEF du 17 septembre 2024.
Le rôle des inspecteurs dans l’amélioration de la qualité des apprentissages occupe une place importante dans sa réflexion. Acteurs essentiels de l’encadrement pédagogique, ces professionnels ont besoin, selon lui, de moyens adaptés pour assurer efficacement leur mission.
Il propose notamment de doter les circonscriptions d’inspection de moyens roulants, de carburant, de budgets d’entretien et d’équipements numériques.
Il suggère par ailleurs la réalisation d’un état des lieux national du ratio inspecteurs-enseignants, tenant compte des distances parcourues et de l’accessibilité des établissements scolaires.
Une telle démarche permettrait, selon lui, de mieux apprécier les besoins réels d’encadrement et d’adapter les ressources aux contraintes du terrain.
Au-delà de ces propositions sectorielles, l’inspecteur souhaite que le Pacte NEKRE soit assorti de mécanismes rigoureux de suivi et d’évaluation.
Il recommande que chaque engagement soit accompagné de responsabilités clairement définies, d’un calendrier de mise en œuvre, de moyens financiers et d’indicateurs permettant de mesurer les résultats obtenus.
La réintégration scolaire des jeunes déscolarisés, le développement de la formation professionnelle, l’amélioration des infrastructures éducatives et la valorisation des personnels figurent aussi parmi les chantiers qu’il estime prioritaires.
À travers ce plaidoyer, Ousséni Kaboré entend contribuer à la réflexion nationale sur l’avenir de l’école burkinabè, en mettant l’accent sur les réalités quotidiennes des acteurs de terrain. Sa conviction tient en une formule : « Le Burkina Faso de demain se construit aujourd’hui dans nos écoles. »
Agence d’information du Burkina
LC/ata

