BURKINA-SIRBA-GNAGNA-MANNI-SANTE
Rougeole à Manni : les leaders communautaires appelés à sauver des vies et à faire taire les rumeurs
Manni, 12 août 2026 (AIB) – Les autorités sanitaires du district de Manni ont réuni, mercredi 12 août 2026, autorités administratives, leaders religieux et coutumiers, organisations de la société civile ainsi que des associations de femmes et de jeunes, autour de la campagne de vaccination réactive contre la rougeole.
Cette rencontre de plaidoyer intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. De la première à la 24e semaine épidémiologique de 2026, le Burkina Faso a enregistré 10 899 cas suspects de rougeole et 35 décès, avec une transmission communautaire particulièrement intense dans plusieurs régions, dont la Sirba.
Dans le district sanitaire de Manni, le nombre de cas enregistrés en 2026 dépasse celui observé au cours des trois années précédentes, selon les données présentées aux participants. Face à cette situation, une campagne de riposte vaccinale a été décidée dans la Sirba, notamment à Bogandé et Manni, se déroulant du 11 au 17 août 2026 et ciblant les enfants de 6 mois à 10 ans, allant jusqu’à 14 ans à Manni grâce au soutien des partenaires comme l’OMS, à travers des stratégies fixe et avancée dans les zones difficiles d’accès.
Présentant le plaidoyer sur l’orientation de la campagne, Docteur Seydou Ouédraogo , représentant le Médecin-chef du district (MCD), a invité les participants à prendre une part active à la riposte, en sensibilisant les populations afin que les enfants soient effectivement vaccinés contre cette maladie qu’il a qualifiée d’« épidémie ravageuse ». Il a souligné que le succès de la mobilisation ne se mesurera pas uniquement au nombre d’enfants vaccinés durant la campagne, mais surtout à l’atteinte du « zéro cas en 2027 ».
Il a appelé les acteurs communautaires à mettre leur proximité avec les populations au service du message sanitaire, un rôle que l’Organisation mondiale de la Santé considère comme déterminant, les leaders religieux et communautaires étant invités à communiquer de façon claire et cohérente sur l’importance et la sécurité de la vaccination.
Les parents doivent être informés des dates et lieux de vaccination, les enfants au statut vaccinal incertain recherchés, et les familles hésitantes accompagnées avec des informations validées par les agents de santé. Les communautés sont également appelées à contribuer à retrouver les enfants vivant dans les hameaux, les zones difficiles d’accès et les sites de personnes déplacées, afin de réduire les risques de laisser des enfants sans protection.
Dans son discours, le représentant du Président de la Délégation spéciale, Dimanche Dabissi Tindano , a remercié les participants pour leur mobilisation et rappelé un épisode douloureux de l’histoire de Manni, où la rougeole avait par le passé causé de lourdes pertes dans les familles. « La rougeole a été un grand ennemi vaincu par le passé à Manni après beaucoup de familles rasées », a-t-elle rappelé, invitant chacun à tirer les leçons de cette histoire et à transmettre la « vraie information » afin de déconstruire les rumeurs susceptibles de décourager les parents. Cet appel rejoint les préoccupations de l’OMS, qui estime que les fausses informations sur les vaccins peuvent éroder la confiance du public et recommande de privilégier les informations exactes et fondées sur les données scientifiques.
Pour les services de santé, la vaccination ne peut être l’affaire des seuls agents de santé : la communauté n’est pas seulement bénéficiaire de la riposte, elle en est un acteur à part entière, appelée à faciliter l’accès aux familles, à lutter contre les rumeurs et à signaler rapidement les cas suspects. À Manni, le défi est désormais lancé aux familles, aux chefs coutumiers, aux responsables religieux, aux associations, aux femmes et aux jeunes, dans la perspective d’une communauté capable de dire, en 2027 : zéro cas de rougeole.
Agence d’Information du Burkina
GL/ot

