Centre-Nord

Namentenga

Le  barrage hydro-agricole  de Sélmiiga

L’eau tarit à deux semaines de la  moisson.

Des milliers de maraichers qui exploitent les berges du barrage de Sélmiiga dans la commune de Boulsa (7km côté sud) sont en difficulté à cause du tarissement d’eau. C’est la désolation pour ces exploitants qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

 

En cette campagne sèche, le barrage n’a aucune goutte d’eau dans son lit même pour abreuver un mouton.
Selon Zongo Mathieu, président des exploitants maraichers : « Il nous fallait  seulement deux semaines pour que les différentes spéculations soient à point. Mais hélas !». Harouna Savadogo chef de service départemental de l’agriculture de Boulsa propose des alternatives.
Un paysage verdoyant tout au long  des berges et à l’aval du barrage   de Sélmiiga en ce 7 mars 2022 attire l’attention et donne envie d’y séjourner longtemps surtout en cette période de canicule. Le climat est doux. Dans le périmètre du président des exploitants maraichers, tout est humide et on sent la fraicheur. « J’ai eu le temps d’apporter l’eau la veille du tarissement du barrage ; c’est pourquoi, tout est humide. Ça peut tenir encore pendant 3 jours. Après cela, on observera impuissamment au stress hydrique des plants. J’ai dépensé près d’un million de francs CFA cette campagne pour l’achat de l’engrais, des semences,  du matériel aratoire, du carburant  et pour le paiement des ouvriers. Je comptais réaliser une vente de plus de trois millions de francs CFA mais, je suis désespéré. Il n’y a plus d’eau pour achever la campagne.

L’eau du barrage a tarit. Il n’y a plus rien. La population est rentrée dans la boue enlever le poisson. De bonne mémoire, le barrage a tarit le 19 mars 2021. Cette année, c’est le 2 mars. Pascal Tiendrebéogo  mon voisin a foré un puits dans son verger  pour faire un château d’eau. S’il parachève son chantier, on pourra sauver un tant soit peu la campagne. Une bonne pluie en ces temps-ci que l’on a l’habitude d’appeler ‘ pluie des mangues’ nous soulagera également ». Le président Zongo a un périmètre de plus d’un ha dans lequel, il cultive de l’oignon et du mais en particulier.

Autres lieux, autres réalités.  Dans la parcelle de Tiendrébéogo Paténéma Saidou, la situation est tout autre. La tomate, sous l’effet du soleil, commence à jaunir par manque d’eau. Pour y faire face, il a couvert de paille ses planches de tomates particulièrement. Selon lui, il  devait irriguer sa parcelle le 3 mars, le lendemain du tarissement. Issaka, le voisin de  Paténéma connait la même situation.
Selon  le chef de service départemental, le barrage de Sélmiiga a été construit en 2012 sous financement de la Suède avec un aménagement de 12 ha. Il a une capacité de 1 200 000m3 d’eau. Faisant l’état des lieux, M. Savadogo dira que la faible pluviométrie de cette année, le non-respect de la zone de servitude, le non-respect du calendrier cultural, l’utilisation non rationnelle de l’eau, la surexploitation de la zone (45 ha de plus  ont été improvisés  sur les 12 ha  initialement prévus), sont entre autres facteurs qui ont accéléré l’épuisement de l’eau du barrage.

Comme conséquences, dira-t-il,  des spéculations telles que la tomate et le maïs ne pourront pas boucler normalement leurs cycles de production. En remerciant le Projet de valorisation agricole des petits barrages (PROVALAB) qui   accompagne les  exploitants,  le chef de service départemental  pour sa part a confié qu’accentuer la sensibilisation des producteurs aux respects des normes techniques enseignées d’une part et solliciter l’implication active et effective des autorités départementales pour une appropriation effective du plan d’eau d’autre part, permettront de gérer de manière efficiente et efficace le barrage. Au moment de la visite, les étangs sont secs, les tuyaux sont rangés, des puits spontanés sont creusés à l’intérieur des parcelles.

Chacun à sa manière, libère son génie créateur pour que les spéculations telles la tomate, la salade, le maïs en retard, bouclent leurs cycles. Dans le lit du barrage, un monde innombrable dans la boue, pêche le poisson. Selon Zongo, « la digue du déversoir est basse, de ce fait, le barrage ne retient pas beaucoup d’eau. Je souhaite principalement le rehaussement du niveau  de la digue, l’appui des  partenaires en  châteaux d’eau pour pallier souvent le manque à gagner.

Jean-Baptiste DAMIBA      

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