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Vente de résidus du coton

 

Une activité de « survie » des femmes

 

Pour survivre, des femmes de Bobo-Dioulasso ont fait de la vente des résidus de coton  leur gagne-pain. Installées sur un site à Lafiabougou, à la zone industrielle, elles achètent les résidus de coton à la Société des Fibres Textiles du Burkina (SOFITEX) afin de les revendre aux éleveurs et aux fabricants de matelas traditionnels.

Assises ou arrêtées au soleil pour certaines, à l’ombre des arbres pour d’autres, dans le quartier Lafiabougou  à la zone industrielle de Bobo-Dioulasso,  des femmes remplissent des sacs de coton « récupéré ». Ces femmes achètent des résidus de coton à l’usine d’égrainage de la Société des Fibres Textiles du Burkina (SOFITEX), sans préciser  le prix,  qu’elles  trient et  se débarrassent des déchets pour ensacher  le coton récupéré dans des sacs de 100 kg. Un travail fait dans cadre englouti par la poussière, surtout en ce temps d’harmattan. Plus loin, on peut apercevoir des tas de coton qui trainent  par terre le long d’un mur.

Des hommes et femmes s’empressent de remplir des sacs. Certains, avec des dispositifs de protection tels que des gants, des bavettes. Pour d’autres, cela ne doit pas y avoir une très grande importance pour eux. Des motocyclettes qui chargent de part et d’autre certains sacs de résidus de coton déjà prêts à être livrés, tout cela dans une ambiance familiale. Nous sommes le mercredi 15 décembre 2021 au quartier Lafiabougou de Bobo-Dioulasso dans la zone industrielle, dans un couloir entre deux murs d’usine à quelques centaines de mètres joignant le goudron de l’entrée de l’aéroport.

C’est à cet endroit précis que sont installées les femmes de l’association « Demba gnouman », dirigée par Téné Gouba, qui se sont désormais donné pour tâche d’acheter le coton après toute la phase d’exploitation de la SOFITEX et d’en faire un autre usage. Il s’agit pour ses femmes d’acheter le coton avec la SOFITEX, de se mettre au travail pour se débarrasser des impuretés qui s’y trouvent, et se fournir une chaine de distribution afin de faire évacuer leurs produits. Les tâches pour la journée varient, certaines s’occupent du triage, d’autres de l’enfilage, et le reste du groupe s’occupent de la distribution, et de la commercialisation. En un mot les femmes de l’association « Demba gnouman », ont fait de la vente des résidus de coton  leur gagne-pain. Assise sous un hangar de fortune considéré comme le « siège » de l’association avec d’autres femmes, Alizata Sawadogo, âgée d’une cinquantaine d’années, reçoit notre équipe. Cette activité, elle dit l’exercer depuis plus 30 ans pour ne pas rester les bras-croisés.  « Nous sommes ici il y a plus de 30 ans, certains même ont plus de 40 ans. Nous gagnons juste ce dont nous avons besoin pour survivre », soutient-elle.

« C’est trop dur »

Tout comme Alizata Sawadogo, la présidente de l’association, Téné Gouba, gagne sa vie de cette activité depuis plus d’une vingtaine d’années. Bien qu’à la tête de l’association, elle affirme qu’il n’y a pas de chef en leur sein.  « Chez nous, il n’y a pas de cheffe, nous sommes toutes des collaboratrices. Moi je m’occupe juste des questions structurelles et administratives »,  souligne-t-elle humblement. Pour ces femmes dont la plus part rencontre des difficultés financières, ce métier reste leur seul espoir. « Toutes ces tâches, nous les exécutons avec le peu d’argent qu’on gagne ici. Nous sommes veuves, en âge avancé, donc inaptes à prendre un car ou à effectuer des déplacements pour aller travailler », fait savoir Alizata Sawadogo.

« Il y a quelques années,  les autorités ont voulu nous déloger de ce site », laisse  entendre Téné Gouba. Mais après avoir exposé les charges qu’elles avaient à assumer dans leurs ménages, tout en démontrant que ce travail reste leur seule alternative, cette décision a fini par être annulée, foi de Téné Gouba. Par contre, l’interdiction formelle leur a été donnée de n’exercer aucune activité commerciale affiliée aux encablures du site. Selon la présidente de « Demba gnouman », cette activité est moyennement rentable. Le prix du sac de 100 kg peut varie entre 1000 FCFA et 1500 FCFA, et les clients potentiels, sont entre autres, les confectionneurs de matelas, les éleveurs de bétails et quelques particuliers. L’instabilité du prix du sac engendre souvent des pertes pour les dames, qui peinent à rallier les deux bouts. « Il nous est souvent impossible d’avoir  25 000 FCFA, le prix du sac de maïs  dans le mois et c’est trop dur »,  déclare Mme Gouba avant de lancer un appel à toutes les bonnes volontés qui pourront se pencher sur leur sort.  L’acquisition  d’une machine à extraire les impuretés du coton est le souhait le ardent de ces femmes qui ont choisi ce travail malgré les conditions difficiles.  « Nous sommes toutes en âge avancé et il n’est pas facile de se tenir debout sous le soleil jusqu’à une certaine heure », avance Mme Gouba.  Mais  grâce à ce travail, elles arrivent à subvenir aux besoins de leurs  familles, reconnait dame Gouba, tout en restant optimistes quant au changement de leur avenir.

 

Boudayinga J-M THIENON

Sosthène SOMBIE

(Stagiaire)

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