Traité d’amitié et coopération Burkina Faso-Côte d’Ivoire

Les CCA font le point de leur coopération à Banfora

Dans le cadre de l’accord-cadre du traité d’amitié et de coopération entre la république de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, les Chefs de circonscriptions administratives des régions du Tchologo et du Bounkani en Côte d’Ivoire, et leurs homologues du Burkina Faso des régions des Cascades et du Sud-Ouest, se sont rencontrés du 7 au 9 avril 2021 à Banfora au Burkina Faso. Deuxième du genre après celle de 2017, la présente concertation avait pour objectif de faire le point de leur coopération transfrontalière et envisager de nouvelles perspectives face à des défis communs aux deux pays.

Trois jours durant, ivoiriens et burkinabé ont passé en revue les actions de coopération transfrontalière développées entre les différentes entités frontalières dans les différents domaines d’intérêts communs. En outre, ils ont fait le point de la mise en œuvre des actions retenues lors de la première rencontre des autorités administratives frontalières des deux pays, identifier les difficultés rencontrées dans le cadre de la gestion de la frontière, proposer des solutions et éventuellement formuler des recommandations. Il faut rappeler que la présente rencontre a lieu avant celle des ministres en charge de l’administration du territoire au cours de laquelle, les résultats des travaux des acteurs frontaliers seront examinés et validés. Selon Joséphine Kouara Apiou, gouverneur de la région des Cascades, par ailleurs porte-voix de la partie burkinabé, « au regard de la situation actuelle marquée par des menaces diverses sur la sécurité dues à la propagation des réseaux terroristes, et au déficit de gouvernance transfrontalière, la coopération transfrontalière entre les entités territoriales frontalières du Burkina Faso et de la république de Côte d’Ivoire, constitue à n’en point douter, un puissant moyen de résolution dans la concertation et dans l’esprit fraternel, de tous les problèmes qui peuvent surgir entre les populations vivant le long de notre frontière commune ». Et à Djakalidja Konaté, Secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire, représentant de la partie ivoirienne de renchérir : « face à l’insécurité de plus en plus grandissante à notre frontière et aux conséquences inestimables qu’elle fait planer sur la stabilité de notre zone frontalière et l’ensemble de nos pays, la coopération transfrontalière devient un maillon stratégique et de grande importance dans la chaine du dispositif sécuritaire de nos deux pays pour la contrer. Dans ce cadre, la parfaite collaboration entre nos autorités administratives et de sécurité, constitue le levier essentiel de ce dispositif, notamment en termes de partage d’information et de mutualisation, le cas échéant de nos ressources ». A en croire Djakalidja Konaté, les attaques terroristes répétées à Kafolo dans le département de Kong, et à Kolobougou dans le département de Tehini (deux villages frontaliers avec le Burkina Faso), « nous interpellent et nous conduisent à redoubler de vigilance en conjuguant nos efforts pour une meilleure sécurisation de notre frontière commune et pour l’instauration d’un climat de paix propice au développement harmonieux de notre espace frontalier commun et au bien-être des populations y vivant ». Faut-il le rappeler, lors de la quatrième conférence au sommet des Chefs d’Etat du traité d’amitié et de coopération (TAC) tenue le 30 juillet à Ouagadougou, les deux gouvernements ivoirien et burkinabé ont signé un Accord-cadre relatif à l’institutionnalisation de rencontres périodiques de concertation entre les autorités administratives frontalières du Burkina Faso et la république de Côte d’Ivoire. En effet, il y a quasiment quatre ans, se tenait du 27 au 29 septembre 2017 à Ferkessédougou, la première rencontre des autorités administratives frontalières des deux pays. A en croire le secrétaire exécutif de la commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire, cette réunion première de l’histoire, a permis aux autorités administratives frontalières d’ouvrir des chantiers dans le cadre de la coopération transfrontalière entre les deux pays. Toutefois a reconnu le représentant de la délégation ivoirienne, « les événements vécus dans nos deux pays n’ont pas permis une régularité de la tenue de ce type de rencontre. Aussi, près de quatre ans après, il était impératif de se retrouver à nouveau, pour voir l’état d’avancement de ces chantiers en vue de les évaluer, de leur donner une nouvelle énergie si nécessaire, voire de nouvelles orientations si besoin ».

                                                                                                                                       Mamadou YERE

                                                                                                  AIB/ Comoé

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