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Burkina/Panel : Le parcours du Pr Joseph KI-ZERBO retracé

Ouagadougou, 8 Décembre 2019 (AIB)-Un panel organisé samedi à Ouagadougou a retracé le parcours du Pr Joseph KI-ZERBO, qui est «fait d’enseignements pour la jeune génération».

«Le Pr Joseph KI-ZERBO est l’un des grands intellectuels de notre pays qui est mort sans jamais être ministre parce qu’il ne voulait pas» a déclaré samedi au cours du panel le Pr Etienne Traoré, président du parti Burkina Yirwa, organisateur de l’activité.

Le panel s’est tenu à l’occasion de l’an 13 de la disparition du Pr Joseph KI-ZERBO intervenue le 4 décembre 2006.

Pour le Pr Etienne Traoré, le Pr Joseph KI-ZERBO «doit demeurer un exemple pour nous tous».

«Il avait les moyens de rester en Europe, d’aller dans n’importe qu’elle université pour y enseigner mais il a préféré enseigner en Afrique et dans son pays» a-t-il affirmé.

En 1958, à l’appel du président guinéen Ahmed Sékou Touré, abandonné par la France parce qu’il a osé dire non à la communauté proposé par le général de Gaulle ; le Pr Joseph KI-ZERBO et son épouse se rendront dans ce pays pour enseigner.

Il rentrera deux ans plus tard en Haute Volta (actuel Burkina Faso) après l’indépendance du pays le 5 Août 1960.

Trois panélistes ont décortiqué le thème du panel stipulé comme suit «Pr Joseph KI-ZERBO, un parcours fait d’enseignements pour la jeune génération».

Selon le Dr Abdoulaye Barro, le Pr Joseph KI-ZERBO fait partie «des personnalités hors-séries» que l’Afrique a connu dans son passé.

Sans avoir été au pouvoir, il estime néanmoins qu’il fut un «homme d’Etat» qui s’est caractérisé selon lui, «par sa capacité de se projeter très loin».

«Aujourd’hui, on parle partout du Pr Joseph KI-ZERBO. Par de-là le temps et l’espace, son message politique a survécu. C’est la force d’un homme d’Etat même s’il n’a pas conquis le pouvoir d’Etat» a-t-il affirmé.

Les panélistes ont reconnu que bien qu’étant «un homme de gauche», le Pr Joseph KI-ZERBO a eu du mal à s’entendre avec les révolutionnaires de 1983.

Selon le témoignage de Hassane Wereme, compagnon politique de l’auteur de la fameuse expression en malinké «Nan laara An saara» (Si nous nous couchons, nous sommes morts) ; à l’avènement de la révolution, le président Thomas Sankara avait reçu le Pr KI-ZERBO et lui aurait affirmé.

«Je reconnais que vous avez fait beaucoup pour que ce pays puisse avancer mais nous avons aussi notre voie. Celui qui se met en travers, nous trouvera sur sa route» a-t-il expliqué.

Il a noté que la situation a fini par se détériorer entre les  révolutionnaires et KI-ZERBO, obligeant ce dernier, à prendre le chemin de l’exil.

Cependant, il révèle qu’au retour du Pr KI-ZERBO après l’assassinat du président Sankara, il est régulièrement allé voir la famille Sankara.

«Je l’ai accompagné pour voir le papa et la maman de Sankara. Cela veut dire aussi qu’il approuvait ce que Sankara faisait»  a-t-il affirmé.

Le journaliste Noufou Zougmoré a ajouté que le président Sankara avait envoyé des gens voir KI-ZERBO en exil à Dakar pour le demander de revenir.

«Mais le climat était tellement délétère surtout qu’on avait brulé beaucoup de ses livres qui constituent une fortune pour lui. Cela n’était pas facile» a-t-il affirmé.

Le Pr Etienne Traoré a promis maintenir ce rendez-vous d’hommage au Pr Joseph KI-ZERBO, à chaque anniversaire de son décès.

Au cours de son intervention, il a fustigé la gouvernance actuelle ainsi que la classe politique.

«Entre ceux qui se disent opposants officiels et ceux qui sont au pouvoir, il n’y a pas une grande différence. Nous avons une minorité de riches qui profite face à une majorité de pauvres. On ne peut pas continuer comme cela» a-t-il affirmé.

Le Pr Joseph KI-ZERBO  a été le premier africain agrégé d’Histoire en 1956.

L’université de Ouagadougou crée le 1er avril 1974 a été rebaptisée le 26 décembre 2015, université Joseph KI-ZERBO.

Agence d’Information du Burkina

Wis/

 

 

 

 

 

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