France/Promulgation de la loi sur l’aide à mourir : « Macron aura probablement sa première euthanasie avant la fin de son mandat », ironise un avocat

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France/Promulgation de la loi sur l’aide à mourir : « Macron aura probablement sa première euthanasie avant la fin de son mandat », ironise un avocat

Ouagadougou, 19 août 2026 (AIB) — « Promulgation de la loi « aide à mourir ». Normal. Emmanuel Macron aura probablement sa première euthanasie avant la fin de son mandat. De quoi parachever l’ambiance crépusculaire ordinaire d’une fin de règne », ironise l’avocat et chroniqueur média, Erwan Le Morhedec sur son compte X, après la promulgation, mercredi 19 août 2026, de la loi créant un droit à « l’aide à mourir » en France par le président Macron.

Malgré la controverse et trois rejets successifs du texte par le Sénat, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi le 15 juillet 2026. Le Conseil constitutionnel l’a ensuite validée, sous plusieurs réserves d’interprétation, avant sa promulgation ce mercredi par Emmanuel Macron.

Le nouveau dispositif permet, sous certaines conditions, à une personne atteinte d’une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé, d’obtenir une aide à mourir.

Selon les circonstances, la substance létale peut être administrée par le patient lui-même ou, lorsqu’il n’est pas physiquement en mesure de le faire, par un médecin ou un infirmier.

Pour les opposants au texte, ces dispositions constituent une rupture majeure dans l’approche française de la fin de vie et font peser un risque particulier sur les personnes vulnérables.

L’ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), Didier Sicard, s’est montré particulièrement critique. Dans un entretien, il estime que la loi « bureaucratise l’euthanasie pour la rendre acceptable ».

Il redoute notamment que des personnes âgées, isolées ou dépendantes puissent être conduites à considérer la mort comme une solution à leur souffrance ou à leur sentiment d’être une charge pour leurs proches.

Même inquiétude chez Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs, pour qui « donner la mort ne peut pas être un soin ». Elle défend le renforcement des soins palliatifs et met en garde contre une société qui pourrait progressivement considérer l’aide à mourir comme une réponse à certaines situations de vulnérabilité.

Quelques jours avant le vote définitif, huit personnalités du monde de la santé avaient d’ailleurs appelé les députés à rejeter un texte jugé « imprécis » et « imprudent », en invoquant notamment la protection des « personnes les plus fragiles ».

La Fondation Jérôme Lejeune s’est également déclarée « indignée », tandis que l’association Les Éligibles et leurs Aidants dénonce le « danger total » que représente, selon elle, la loi pour les personnes vulnérables.

La contestation gagne désormais le terrain politique. Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des Associations familiales catholiques, appelle déjà à faire de l’abrogation du texte un enjeu de la prochaine présidentielle. « Prochaine étape : enjoindre les candidats à l’élection présidentielle d’abroger cette loi euthanasie et suicide assisté ».

La promulgation ne met donc pas fin à la bataille sur la fin de vie. Elle ouvre une nouvelle phase, dans laquelle les opposants entendent surveiller l’application du dispositif et maintenir la pression sur les futurs candidats à l’Élysée.

Pour ses défenseurs, la loi consacre au contraire une nouvelle liberté individuelle pour des patients confrontés à des souffrances jugées insupportables.

Selon ses adversaires, elle franchit une ligne rouge en faisant de la mort provoquée une possibilité encadrée par la loi.

Le débat français sur la fin de vie est ainsi loin d’être clos.

Agence d’information du Burkina

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