FRANCE-INCENDIE-SAPEURS-POMPIERS-DÉCEPTION
France: Le pays brûle, les sapeurs-pompiers dénoncent un système à bout de souffle et réclament davantage de moyens
Ouagadougou, 14 août 2026 (AIB)- Face à la multiplication des incendies et à la hausse du nombre d’interventions en France, les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels ont exprimé, jeudi 13 août 2026, leur profonde déception à l’issue de leur rencontre avec le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, déplorant n’avoir obtenu « pas de réponse concrète » à leurs demandes de moyens supplémentaires et dénonçant les insuffisances persistantes d’un système qu’ils estiment désormais arrivé à saturation.
« Le ministre n’est pas au rendez-vous, nous n’avons pas eu de réponse concrète. Depuis des années, les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent. Mais les moyens ne suivent pas », a déploré le porte-parole d’une alliance de neuf syndicats de sapeurs-pompiers, Xavier Boy.
Selon lui, les sapeurs-pompiers continuent d’assurer leurs missions avec un sens du devoir exemplaire, mais ne peuvent pas « compenser indéfiniment les insuffisances d’un système arrivé à saturation ».
Le secrétaire général des syndicats SUD-SDIS des sapeurs-pompiers professionnels en Isère, Manuel Coullet, a aussi dénoncé l’insuffisance des moyens et des équipements de protection des soldats du feu.
« Lorsqu’on a 220 000 personnes qui sont évacuées parce que trop exposées aux fumées et aux risques d’incendie, lorsque vous avez des personnes qui sont évacuées à 100 km à la ronde parce qu’elles risquent d’exposer leur santé, et que les sapeurs-pompiers, qui sont les plus exposés, au plus près du feu sur les théâtres d’opération, sont défendus uniquement par une cagoule à 12 euros, une cagoule en coton, vous imaginez bien que nous, les sapeurs-pompiers, demandons un peu plus », a-t-il déclaré.
M. Coullet a poursuivi en indiquant que les sapeurs-pompiers dénoncent depuis plus de dix ans le manque de moyens face à cette situation.
« Ça fait plus de dix ans qu’on le dénonce, on a franchi les limites. Les limites capacitaires ont été atteintes pendant l’été 2026, on l’a tous vu avec les feux. 200 maisons qui brûlent en Gironde, une centaine dans le Var, c’est inadmissible », a-t-il déploré.
Il a également évoqué les centaines de pompiers intoxiqués, dont certains ont été placés en caisson hyperbare après des intoxications au monoxyde de carbone, estimant que les risques auxquels sont exposés les soldats du feu n’ont pas été suffisamment anticipés.
Pour les représentants syndicaux, la multiplication des incendies, les évacuations massives, les risques sanitaires auxquels sont exposés les pompiers et l’insuffisance des moyens montrent les limites d’un système français de sécurité civile confronté à une pression croissante.
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels réclament l’adoption d’une loi de modernisation de la sécurité civile, 23 ans après la première réforme du système.
Ils demandent aussi le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels ainsi que d’agents techniques et administratifs, avec la création d’au moins 21 000 postes supplémentaires sur l’ensemble du territoire.
En outre, les syndicats exigent un budget permettant de garantir la protection de la santé des agents, l’ouverture immédiate de négociations sur les conditions d’exercice du métier, après plus de 14 années sans avancée majeure pour leur filière, ainsi qu’une loi de financement de la sécurité sociale prenant en compte leurs revendications historiques en matière de retraite.
Ils réclament par ailleurs une meilleure protection des pompiers contre les fumées toxiques et la reconnaissance des pathologies liées à leur métier comme maladies professionnelles.
Face à cette situation, les syndicats ont annoncé un rassemblement à Paris pendant trois jours, prévu du 26 au 28 septembre 2026, puis une mobilisation générale de la fonction publique le 29 septembre 2026 autour de leurs revendications.
Agence d’information du Burkina
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