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AES : Les ressources naturelles doivent servir de levier à la souveraineté et à la transformation économique créatrice d’emplois, PM burkinabè
Ouagadougou, 13 août 2026 (AIB) – Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé jeudi à Ouagadougou les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) à faire de leurs ressources naturelles un levier de souveraineté, de transformation économique et de création d’emplois, plutôt que de simples matières premières destinées à alimenter les économies étrangères.
« Nos ressources ne doivent plus être considérées comme de simples marchandises destinées à alimenter les industries et la prospérité des autres. Elles doivent devenir le levier de notre souveraineté, le moteur de notre transformation économique, le socle de notre justice sociale et le point de départ de chaînes de valeur industrielles créatrices d’emplois », a déclaré le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo.
Le chef du gouvernement burkinabè a présidé à Ouagadougou la cérémonie d’ouverture de la première rencontre des ministres chargés de l’énergie, des mines et du pétrole des pays de l’AES.
La rencontre vise notamment à mutualiser les forces, harmoniser les politiques et renforcer la valorisation commune des ressources énergétiques et minières de l’espace confédéral.
Pour M. Ouédraogo, un peuple qui ne maîtrise pas son énergie, ne transforme pas ses ressources minières et minérales et ne tire pas pleinement profit de ses richesses naturelles demeure vulnérable et dépendant.
« Les secteurs de l’énergie, des mines, des carrières et du pétrole ne sont pas de simples secteurs techniques. Ils sont des instruments de puissance publique, de sécurité nationale, de souveraineté économique et d’émancipation collective », a-t-il soutenu.
Il a appelé à accélérer l’harmonisation, l’intégration et la mise en cohérence des politiques sectorielles des trois pays, conformément aux orientations portées par leurs plus hautes autorités.
Le Premier ministre a également décrit la vision d’un « Sahel nouveau », où l’électricité bénéficie aussi bien aux villes qu’aux villages et où l’énergie soutient les unités de production, les écoles, les centres de santé et les infrastructures de sécurité.
Il a souhaité que l’or, le lithium, l’uranium, le fer, le phosphate, le pétrole et les autres ressources du sous-sol soient davantage transformés au profit des populations, afin de créer des emplois, renforcer les compétences nationales et financer les infrastructures et les industries.
« Notre force réside dans notre unité. Notre avenir réside dans notre solidarité », a conclu le Premier ministre burkinabè.
Le ministre malien chargé des Mines, Amadou Keïta, a salué une dynamique visant à bâtir un socle solide de coopération au sein de l’AES dans les domaines minier et énergétique.
« Notre engagement est fondé sur les expériences nationales diverses, mais également sur la vision partagée d’une confédération forte dans l’Union », a-t-il indiqué, plaidant pour une gouvernance minière et énergétique qui protège les populations et favorise les investissements responsables et durables.
Pour le ministre nigérien des Mines, le commissaire-colonel Ousmane Abarchi, la rencontre de Ouagadougou marque une nouvelle étape dans la coopération sectorielle.
« Nous passons du temps des intentions au temps des institutions. Nous passons de la coopération à la construction », a-t-il déclaré.
Selon lui, pendant plusieurs décennies, les pays sahéliens ont principalement exporté leurs matières premières tandis que la valeur et la richesse étaient créées ailleurs.
Il a estimé que cette situation doit désormais évoluer, en faisant de la transformation locale des ressources une priorité.
« Notre véritable défi n’est donc plus d’extraire davantage. Il est de transformer davantage », a-t-il affirmé, soulignant qu’une nation ne devient pas prospère par la seule possession de ressources, mais par sa capacité à les transformer en énergie, en industrie, en emplois, en savoir-faire et en opportunités.
Agence d’information du Burkina
DNK/yos/ata

