Yatenga/Ouahigouya : le grand Imam El Hadj Amidou Traoré, une vie entre armée, Coran et paix sociale

Yatenga/Ouahigouya : le grand Imam El Hadj Amidou Traoré, une vie entre armée, Coran et paix sociale

 

Ouahigouya, 20 oct. 2026 (AIB)-Ancien soldat passé par la France, l’Algérie et Djibouti, maître coranique puis guide spirituel de la Tidjaniya, El Hadj Amidou Traoré, grand imam de Ouahigouya depuis 2006, a été inhumé dans l’après-midi de ce mardi 20 octobre 2026 au cimetière « route de Youba », ont constaté trois journalistes de l’AIB. 

Né en 1932, El Hadj Amidou Traoré, décédé dans la nuit du lundi 19 octobre 2026 des suites de maladie, laisse le souvenir d’un parcours singulier, d’abord sous les drapeaux, ensuite au service de la foi.

Engagé dans l’armée française, il effectue son service militaire en France et en Algérie. C’est en uniforme, en 1956, alors en mission à Djibouti, qu’il accomplit son premier pèlerinage à La Mecque. Revenu au pays, il est mobilisé pour la défense de la patrie et prend part, en 1974, au conflit frontalier entre le Mali et la Haute-Volta.

Une fois sa carrière militaire achevée, l’homme troque définitivement le treillis contre la tablette coranique. Il se consacre entièrement à l’enseignement islamique et forme de nombreux disciples, dont douze de ses propres enfants, qui ont mémorisé l’intégralité du Saint Coran et en ont achevé l’étude.

Ce rayonnement lui vaut d’être désigné grand imam de Ouahigouya à la fin de l’année 2006. Trois ans plus tard, en 2009, Cheikh Mahi Cissé de Kaolack, au Sénégal, l’élève au rang de mouqaddam, guide spirituel de la confrérie Tidjaniya.

En 2010, il accomplit son deuxième pèlerinage à La Mecque, suivi d’une visite spirituelle à Kaolack, haut lieu de la Fayda Tidjaniya. Homme de paix et de cohésion sociale, il est désigné ambassadeur de la paix en 2018.

Pendant près de vingt ans à la tête de la mosquée centrale de Ouahigouya, il a fait l’unanimité. Son fils Adama Traoré en témoigne :

« L’imam nous a éduqués dans la foi en Dieu à travers la pratique quotidienne de l’islam. Cette bonne pratique s’étendait également aux populations des différents secteurs. La foule venue l’accompagner à sa dernière demeure en est un témoignage édifiant. »

Cheikh El Hadj Youssouf Ouédraogo salue lui aussi l’œuvre du disparu : « De son vivant, l’imam Amidou Traoré s’est toujours investi dans les bonnes œuvres au bénéfice de toute la communauté. Il a mis ses connaissances coraniques au service de l’éveil des consciences et invité les populations à suivre la voie de l’islam. »

La cérémonie de prière et d’hommage, tenue à la mosquée centrale, a rassemblé, outre la communauté musulmane, des leaders religieux, des autorités administratives et coutumières ainsi que de nombreux habitants de la cité de Naaba Kango et de plusieurs autres localités.

El Hadj Amidou Traoré laisse derrière lui deux veuves et quinze enfants, dont onze garçons et quatre filles.

Agence d’information du Burkina

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