Burkina/PLAN RELANCE : le secteur financier appelé à renforcer son accompagnement

Burkina/PLAN RELANCE : le secteur financier appelé à renforcer son accompagnement

Ouagadougou, 22 sept. 2026 (AIB) – Le gouvernement burkinabè a appelé mardi les banques et les institutions de microfinance à renforcer leur contribution au financement du PLAN RELANCE, estimé à 36 000 milliards de francs CFA sur cinq ans, lors d’une rencontre avec l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF) et l’Association professionnelle des institutions de microfinance (APIM-BF), à qui il a présenté les grandes orientations du plan.

Selon Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanaboa, le plan est structuré autour de quatre piliers : la sécurisation du territoire, la cohésion sociale et la paix, le renforcement de la gouvernance ; le développement du capital humain ; ainsi que le développement des infrastructures et la transformation de l’économie.

« Nous pensons que les banques peuvent intervenir surtout dans le pilier quatre, où il y a les grands investissements de l’Etat, mais également dans le pilier trois », a-t-il indiqué, citant notamment les investissements dans l’éducation et la santé.

Le financement du PLAN RELANCE sera assuré à deux tiers par l’Etat sur ses ressources propres. Le tiers restant devra notamment être mobilisé auprès des partenaires extérieurs et du secteur privé.

Le ministre a ainsi invité les acteurs financiers à contribuer à la mobilisation de ressources à travers des mécanismes innovants et des partenariats public-privé. Il a cité notamment les sukuk et les « diaspora bonds », ainsi que l’accompagnement des porteurs de projets devant être réalisés en partenariat public-privé.

Pour lui, les échanges ont également permis d’identifier la nécessité de mieux coordonner les interventions et de développer des services financiers innovants afin d’accroître la contribution du secteur financier à la mise en œuvre du PLAN RELANCE.

De son côté, le président de l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Burkina Faso, Saïdou Soungalo Yaméogo , a assuré que le secteur était disposé à accompagner le programme gouvernemental, notamment dans le financement du commerce, de l’industrie, de la transformation et de l’énergie.

Il a toutefois relevé des contraintes liées à l’accès aux ressources à long terme. « Les acteurs ont besoin de financements à long terme alors que nous disposons de ressources court terme », a-t-il expliqué, appelant à renforcer les capacités des institutions de microfinance afin qu’elles puissent disposer de ressources adaptées.

M. Yaméogo a également plaidé pour un mécanisme de mutualisation des risques avec l’Etat, face à la dégradation du portefeuille de crédit. Il a indiqué que le taux de dégradation dépassait 6% dans la microfinance, contre 12% pour les banques.

Le responsable a, en outre, insisté sur la digitalisation des services financiers, estimant qu’elle pourrait permettre aux institutions de microfinance d’élargir leur offre, notamment au profit des populations vulnérables et des zones rurales.

La microfinance dispose actuellement d’un encours d’épargne de plus de 659 milliards de FCFA et d’un encours de crédit à l’économie supérieur à 474 milliards de FCFA, selon M. Yaméogo. Le secteur contribue ainsi à plus de 6% du financement de l’économie nationale.

Il a souhaité la mise en place d’un cadre permanent d’échanges avec les autorités afin de définir une feuille de route pour la participation effective de la microfinance au financement du PLAN RELANCE.
« Notre présence, c’est d’être accompagnés pour accompagner aussi l’économie », a-t-il résumé.

Agence d’information du Burkina
GIP/yos

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