FRANCE-PECHEURS-COLERE-MANIFESTATION
France/hausse des prix du carburant: des pêcheurs très en colère brandissent des slogans « l’Europe nous tue », « l’UE coule nos bateaux » et « Paris nous regarde »
Ouagadougou, 15 sept. 2026 (AIB)- « L’Europe nous tue », « l’UE coule nos bateaux » et « Paris nous regarde » : tels sont les slogans brandis mardi 15 septembre 2026 par des pêcheurs à Fos-sur-Mer, dans le sud de la France, lors d’une manifestation contre la hausse des prix du carburant et l’accumulation des contraintes administratives qui, selon eux, fragilisent davantage une profession déjà en difficulté.
La mobilisation a débuté vers 03h00 devant un dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Les manifestants ont bloqué l’entrée à une centaine de camions-citernes afin d’attirer l’attention des autorités sur leurs difficultés économiques et d’obtenir des mesures concrètes pour préserver leur activité.
Les pêcheurs réclamaient aussi une rencontre avec la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud. La mobilisation a toutefois donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants.
Cette intervention a renforcé le sentiment de mécontentement des professionnels des pêcheurs, qui dénoncent un manque de réponses adaptées à leurs revendications.
Le ministère a néanmoins indiqué que la ministre avait « pris acte de leurs revendications » et qu’elle les recevrait « dans les prochains jours dans un esprit de dialogue ».
Le mouvement intervient après des rassemblements organisés lundi à Sète et à Port-Vendres. Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse, ainsi que les syndicats de marins, ont annoncé la poursuite d’une mobilisation commune jusqu’à l’obtention de réponses concrètes.
Selon le représentante de l’organisation régionale des pêcheurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christine Poncharreau, le prix du gazole destiné à la pêche serait passé d’environ 0,60 euro à 1,20 euro le litre. À la pompe, le gazole serait passé d’environ 1,70 à 2,30 euros le litre, tandis que l’essence SP95-E10 aurait augmenté de 1,70 à 2,10 euros.
À cette pression économique s’ajoute le poids des réglementations européennes. Les pêcheurs estiment que la multiplication des normes réduit leurs marges de manœuvre et menace la viabilité de leurs entreprises.
Ils reprochent également au gouvernement français de ne pas défendre suffisamment leurs intérêts auprès des institutions européennes.
La contestation dépasse ainsi la seule question du carburant. À travers leurs manifestations, les professionnels de la mer alertent sur l’avenir de leur métier et redoutent que l’augmentation des charges, les nouvelles réglementations et les contraintes administratives ne conduisent progressivement à la disparition de certaines activités de pêche.
La mobilisation dans plusieurs ports du sud de la France traduit ainsi un malaise profond au sein de la profession, qui attend désormais des autorités françaises et européennes des mesures susceptibles de garantir la pérennité de la pêche.
Agence d’Information du Burkina
Source: TASS

