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Gnagna/Manni: une cinquantaine d’exploitants mobilisés pour curer le canal d’irrigation
Manni, 3 septembre 2026 (AIB) – Une cinquantaine d’exploitants, sur les 82 que compte le périmètre irrigué de la rive droite du barrage de Manni, ont participé jeudi à une opération de curage du canal principal d’irrigation, long de 2,1 kilomètres, afin de rétablir une meilleure circulation de l’eau vers les parcelles.
Initiée par le Bureau exécutif du périmètre avec l’appui des chefs de blocs, l’opération fait suite à un constat de ralentissement de l’écoulement de l’eau dans le réseau. La vanne principale, qui présente également des signes de défaillance, laisse notamment échapper l’eau en continu.
« La vanne ne ferme plus correctement », a expliqué Lankoandé Thiomba, chargé de sa manœuvre, soulignant que cette défaillance entraîne une perte permanente d’eau de la retenue.
Munis de pelles, de machettes et d’autres outils rudimentaires, les exploitants se sont répartis le long des différentes sections du canal. Certains ont procédé au dégagement du sable et de la terre accumulés dans le fond, tandis que d’autres ont débarrassé les abords des herbes et arbustes qui entravaient le réseau.
Après le curage, les exploitants se sont également penchés sur la vanne principale. Faute de pièces mécaniques pour effectuer une réparation durable, ils ont mis en place une solution provisoire à l’aide d’une corde permettant de soulever et d’abaisser manuellement le bouchon obturateur.
Selon les exploitants, le canal n’avait pas fait l’objet d’une opération générale de nettoyage depuis le début de la dernière campagne de contre-saison. Les eaux de ruissellement de la saison pluvieuse ont depuis entraîné d’importantes quantités de sable, de terre et de débris végétaux dans le réseau.
Cette situation serait aggravée par la disparition d’un canal de dérivation qui permettait autrefois de détourner une partie des eaux de ruissellement et de protéger le canal principal. Comblé et progressivement transformé en terres cultivables sous l’effet de la pression foncière, cet ouvrage ne joue plus son rôle, exposant davantage le réseau principal à l’ensablement.
Pour les producteurs, l’objectif immédiat est de permettre à l’eau d’atteindre normalement l’ensemble des parcelles et de limiter les pertes occasionnées par la fuite au niveau de la vanne, particulièrement préoccupante à l’approche de la fin de la saison des pluies.
Avant le début des travaux, le président du Bureau exécutif, Emmanuel Lankoandé, a invité les exploitants à faire de l’entretien des infrastructures une responsabilité collective.
« La main qui entretient aujourd’hui le canal est la même qui recevra demain les fruits de la récolte », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si nous voulons récolter ensemble, nous devons accepter de travailler ensemble. »
L’opération, qui a duré plus de quatre heures, s’est achevée à 14h12. Les exploitants envisagent désormais de poursuivre les travaux au niveau des canaux secondaires, chaque bloc devant assurer l’entretien de son propre réseau.
Réalisée sans appui institutionnel ni soutien d’une ONG, cette opération témoigne de la volonté des producteurs de préserver eux-mêmes leurs infrastructures d’irrigation. Ils souhaitent toutefois un accompagnement des pouvoirs publics et des partenaires au développement, notamment pour le désensablement du barrage, la réhabilitation durable du réseau d’irrigation et l’extension du périmètre.
Pour les exploitants, ces investissements contribueraient à renforcer la capacité de production du périmètre irrigué, considéré comme l’un des pôles importants de l’activité agricole à Manni, tout en répondant à une demande croissante en terres cultivables.
Agence d’Information du Burkina
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