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Sissili/Cohésion sociale : Le Cadre de concertation communal de Boura se mobilise contre les conflits communautaires et fonciers
Boura, 02 septembre 2026 (AIB) – La Délégation spéciale de la commune de Boura a réuni, le 1er septembre 2026, les forces vives locales, les autorités coutumières et les services techniques, à l’occasion de la première session ordinaire de son Cadre de concertation communal (CCCo). Placée sous le patronage du Haut-commissaire de la province, représenté par le Secrétaire général de la province (SGP), Baowindsida Bingo, cette journée a été consacrée à la prévention et à la gestion des conflits communautaires.
Confrontée à une forte pression foncière alimentée par les activités agropastorales, l’extension urbaine et l’installation de nouveaux migrants, la commune de Boura cherche à instaurer un dispositif de gestion apaisé et conforme aux textes en vigueur.
Présentant le cadre général de la rencontre, le Secrétaire général de la province, Baowindsida Bingo, a animé une communication sur les mécanismes d’escalade des tensions sociales. « Tant que les hommes vivent en société, les désaccords sont inévitables. Cependant, le rôle de ce cadre est de fournir des outils pour désamorcer les tensions dès leur apparition et éviter qu’elles ne dégénèrent en affrontements ouverts », a-t-il souligné, invitant les participants à être les relais des messages de concorde au sein de leurs communautés.
Face à la persistance des différends fonciers, des tensions intercommunautaires et des querelles de leadership coutumier, la Présidente de la Délégation spéciale (PDS) de Boura, Judith Diasso/Kanyala, a justifié le choix d’impliquer directement les autorités traditionnelles et les personnes-ressources aux côtés des Conseils villageois de développement (CVD). « Le CVD assure le relais administratif, mais c’est le chef qui écoute et dirige la population. Sans son implication, les règles et les messages de paix ne sont pas suivis », a expliqué la PDS. Privilégiant le dialogue direct, elle a rappelé que « la voie judiciaire tranche les litiges, mais elle ne réconcilie pas les populations ».
Sur les réformes institutionnelles en cours, le représentant de la Direction générale de l’administration territoriale (DGAT), Mamane Yonli, a apporté des clarifications sur l’encadrement juridique de la chefferie coutumière et le cadre des chartes de paix. Il a notamment distingué les droits citoyens du droit coutumier. « En tant que Burkinabè, tout individu a le droit de s’installer n’importe où sur le territoire national. En revanche, la citoyenneté nationale ne donne pas le droit de revendiquer un titre de chef d’une localité dont on n’est pas originaire », a relevé camarade Yonli.
Du côté des participants, la responsable des femmes de la commune, Aïcha Bassavé/Ouavé, a plaidé pour une sensibilisation accrue à la base et une écoute équitable des parties en conflit. Selon elle, « Pour apaiser les rancœurs, il faut prendre le temps d’entendre aussi bien les éleveurs que les agriculteurs afin de déterminer les causes profondes des désaccords. »
Pour sa part, le chef du village de Boura, Jules Dahourou, s’est engagé à organiser des restitutions locales tout en préconisant la conciliation familiale pour les litiges mineurs et l’appel aux forces de défense et de sécurité pour les infractions pénales telles que les vols.
Au terme des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations clés, à savoir la mise en place d’un mécanisme de gestion des plaintes et d’un plan de gestion des conflits, l’instauration d’un cadre de concertation spécifique entre agriculteurs et éleveurs, l’élaboration et la signature d’un pacte du vivre-ensemble ainsi que la multiplication des rencontres d’information et de sensibilisation au niveau des villages.
Agence d’Information du Burkina
BAN/ata/zs

