Mogtédo : plus de 1,6 tonne de poissons avariés saisis et incinérés
Mogtédo, 12 mars 2026 (AIB)-La police d’hygiène de Mogtédo a saisi et incinéré, jeudi, 1,680 tonne de poisson avarié dans une poissonnerie de la localité. L’opération a été menée avec la gendarmerie et les services techniques à la suite de l’alerte d’un citoyen. Les autorités locales ont profité de l’intervention pour sensibiliser les commerçants sur les règles d’hygiène, la conservation des denrées et les obligations réglementaires liées à la vente du poisson.
L’intervention fait suite à l’alerte d’un citoyen signalant une odeur suspecte provenant d’une poissonnerie située en face du service départemental de l’élevage de Mogtédo.
Selon le président de la délégation spéciale communale de Mogtédo, Nomwendé Abdoulaye Kanazoé, les autorités ont été informées dans la matinée.
« C’est autour de 10 h que nous avons été saisis par un citoyen nous faisant état d’une odeur qui se dégageait d’une poissonnerie. Nous avons aussitôt informé la gendarmerie, qui s’est rendue sur les lieux pour vérifier la situation », a expliqué le PDS.
À l’ouverture du conteneur, les agents ont constaté l’écoulement d’un liquide noirâtre accompagné d’une forte odeur. À l’intérieur, plusieurs cartons de poisson étaient entreposés dans des conditions de chaleur avancée.
Après constat des services techniques, la quantité de poisson impropre à la consommation a été estimée à 1,680 tonne.
« La police d’hygiène, composée de plusieurs services, notamment la santé, l’environnement, la gendarmerie et la mairie, a constaté que le poisson était en décomposition. Étant donné le risque sanitaire, il a été décidé de procéder à son incinération », a indiqué Nomwendé Abdoulaye Kanazoé.
Le site a été sécurisé par la brigade de gendarmerie afin d’éviter toute récupération du poisson par les populations.
Le président de la délégation spéciale a salué l’action des forces de sécurité. « Je félicite le commandant de la brigade et ses éléments, qui ont travaillé pour sécuriser le site jusqu’à l’incinération du poisson afin de protéger la population contre des risques sanitaires », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’opération de saisie, les autorités locales ont insisté sur la sensibilisation des commerçants face aux risques liés à la conservation des produits alimentaires.
« Nous connaissons des coupures fréquentes d’électricité. J’invite les commerçants qui utilisent l’électricité pour conserver les aliments à prévoir des solutions de relais, notamment des groupes électrogènes ou des installations solaires », a conseillé Nomwendé Abdoulaye Kanazoé.
Du côté des services techniques, le chef du service départemental des eaux et forêts de Mogtédo, le lieutenant des eaux et forêts Bandiba Lankoandé, a rappelé les obligations réglementaires liées à la vente du poisson.
« Pour vendre du poisson frais, il faut disposer d’une licence. En décembre dernier, nous avons sensibilisé les vendeurs et les avons orientés vers les services vétérinaires pour obtenir les documents nécessaires. Dans ce cas précis, le vendeur ne dispose pas de ces documents », a-t-il précisé.
Il a également invité les commerçants à prendre des dispositions face aux coupures d’électricité.
« Le poisson est destiné à la consommation humaine. Les commerçants doivent aussi se soumettre aux contrôles sanitaires et aux visites médicales afin de protéger la santé des populations », a ajouté Bandiba Lankoandé.
Pour sa part, le responsable de la Zone d’appui technique en élevage de Mogtédo, Brahima Zinkoné, a expliqué que la décision de retrait s’appuie sur la réglementation nationale.
« Selon le décret 2018-0731 portant réglementation de la santé publique vétérinaire au Burkina Faso, les poissons présentant un aspect sale, une odeur de putréfaction, un corps mou ou une couleur anormale doivent être retirés de la consommation, saisis et détruits », a-t-il rappelé.
« Le lot saisi présentait ces caractéristiques. C’est pourquoi il a été retiré de la consommation afin de protéger la vie des consommateurs », a ajouté Brahima Zinkoné.
Les services techniques annoncent la poursuite des contrôles dans la commune.
« Nous invitons tous les commerçants de poisson à se procurer une licence de commercialisation auprès des services vétérinaires. Sans ce document, ils exercent dans l’illégalité », a insisté Brahima Zinkoné, tout en appelant les vendeurs de produits sensibles comme la viande, le poisson ou les produits laitiers à renforcer les pratiques d’hygiène et de conservation.
Le tenancier de la poissonnerie, Boukaré Kaboré, évoque pour sa part les coupures d’électricité comme cause principale de la situation.
« Le stock est arrivé il y a environ une semaine et cela a coïncidé avec de nombreuses coupures de courant. Une fois que le poisson se décongèle, il devient difficile de le conserver », a-t-il expliqué, estimant ses pertes à près de deux millions de FCFA.
L’opération de saisie et d’incinération s’est déroulée en présence des autorités locales et des membres de la police d’hygiène, dans le cadre des actions de prévention visant à préserver la santé publique dans la commune de Mogtédo.
Agence d’information du Burkina
MS/ata


