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vendredi, 13 mars 2026
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Justice traditionnelle : le gouvernement sollicite l’accompagnement du Mogho Naaba pour l’opérationnalisation de “Faso Bukaore”

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Justice traditionnelle : le gouvernement sollicite l’accompagnement du Mogho Naaba pour l’opérationnalisation de “Faso Bukaore”

Ouagadougou, 13 mars 2026 (AIB)-Une délégation gouvernementale conduite par le ministre en charge de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, s’est rendue vendredi au palais du Mogho Naaba à Ouagadougou afin de solliciter l’accompagnement de la chefferie traditionnelle dans la mise en œuvre des instances traditionnelles de règlement des conflits, appelées «Faso Bukaore».

La délégation comprenait également le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée de sensibilisation et d’échanges engagée par le gouvernement pour l’opérationnalisation de la loi portant organisation des mécanismes traditionnels de règlement des différends.

Selon le ministre de la Justice, cette démarche découle de la volonté politique exprimée par le président du Faso lors de la révision constitutionnelle du 30 décembre 2023, qui a consacré le recours aux mécanismes endogènes de gestion des conflits.

« Nous sommes venus ce matin au palais de Sa Majesté pour faire le point de la mise en œuvre de la loi portant sur le Bukaore, c’est-à-dire les instances traditionnelles de règlement des conflits », a expliqué M. Bayala.

Il a rappelé qu’une grande partie des conflits au sein des communautés burkinabè est déjà résolue selon les règles et coutumes locales. Une étude menée par son département a d’ailleurs montré que ces mécanismes contribuent à la pacification de la société et au renforcement de la cohésion sociale.

Adoptée le 14 janvier dernier, la loi sur le Bukaore est étroitement liée à celle relative à la chefferie traditionnelle, les chefs coutumiers étant appelés à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de cette justice de proximité.
Le ministre a précisé que cette loi ne crée pas de nouvelles structures mais vise plutôt à reconnaître et encadrer des pratiques déjà existantes.

« La loi ne crée rien de nouveau. Elle part du constat de l’existant pour donner une force exécutoire aux décisions rendues au niveau des instances traditionnelles », a-t-il indiqué.

Ainsi, les décisions issues de ces instances pourront désormais avoir la même valeur juridique que celles rendues par les juridictions classiques, afin d’éviter que certains litiges déjà réglés au niveau coutumier ne soient à nouveau portés devant les tribunaux modernes.

La tournée entamée à Ouagadougou concernera plusieurs régions du pays dans le cadre d’une phase pilote. Elle permettra au gouvernement de présenter les textes d’application de la loi aux autorités traditionnelles, de recueillir leurs observations et de bénéficier de leurs bénédictions pour une mise en œuvre réussie du dispositif.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités burkinabè de promouvoir les valeurs endogènes et de renforcer les mécanismes locaux de cohésion sociale et de règlement pacifique des conflits.

Agence d’information du Burkina
OS/yos

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