Sociologie : Bayipoukouba Patrice Akiam décroche son doctorat avec la mention très honorable
Ouagadougou, 25 février 2026 (AIB)-Bayipoukouba Patrice Akiam a soutenu avec succès, ce mercredi, sa thèse unique de doctorat en sociologie, option socio-anthropologie de l’environnement, à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, devant un jury international. À l’issue des délibérations, le jury lui a décerné le grade de docteur en sociologie avec la mention très honorable.
Intitulée « Aires protégées et dynamiques socio-économiques et foncières : l’exemple du couloir des éléphants et de sa zone d’influence dans le complexe écologique PONASI en pays kasena au Burkina Faso », la recherche analyse les transformations sociales induites par la mise en œuvre des aires protégées dans la région du Sud.
L’étude vise à appréhender les dynamiques sociales, culturelles, économiques et foncières engendrées par l’aménagement du couloir des éléphants au sein du complexe écologique PONASI.
Selon l’impétrant Bayipoukouba Patrice Akiam, ces politiques de conservation, bien que nécessaires à la préservation de la biodiversité, produisent également de profondes recompositions au sein des communautés riveraines.
« L’aménagement du couloir des éléphants à PONASI a affecté les usages culturels des communautés locales en complexifiant leur accès à certains espaces, notamment à des autels sacrificiels », a expliqué M. Akiam.
La thèse met en lumière les différents types de conflits d’usage suscités par les mesures de conservation. Ces tensions opposent principalement agriculteurs, éleveurs et agents forestiers autour de l’accès à la terre et aux ressources naturelles.
Pour le nouveau docteur, ce travail se veut également une interpellation des décideurs publics sur la gestion des aires protégées et, plus largement, sur la relation entre l’homme et la nature.
Il plaide pour une prise en compte accrue des réalités socioculturelles et des droits coutumiers des populations riveraines dans les politiques environnementales.
Le directeur de thèse, Ramané Kaboré, a salué la rigueur scientifique et la pertinence sociale du sujet traité.
Selon lui, « cette recherche met en exergue les dimensions symboliques et émotionnelles liées aux aires protégées dans les localités concernées, dimensions souvent peu considérées dans les approches strictement écologiques ».
Tout en félicitant l’impétrant pour la qualité de son travail, M. Kaboré l’a invité à intégrer les recommandations formulées par le jury en vue d’une valorisation scientifique plus large des résultats de la recherche.
Avec cette distinction, Bayipoukouba Patrice Akiam rejoint le cercle des chercheurs burkinabè engagés dans l’analyse des enjeux environnementaux et fonciers, dans un contexte marqué par la pression croissante sur les ressources naturelles et la nécessité d’un développement durable conciliant conservation écologique et prise en compte des besoins socioculturels et économiques des communautés locales.
Agence d’Information du Burkina
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