Bougouriba/Lutte contre la désinformation : à Dolo, les voix s’élèvent contre la prolifération des fake news
Dolo, 13 février 2026 (AIB)-Face à la multiplication des fausses informations visant des personnalités et des institutions du Burkina Faso, des habitants de la commune de Dolo appellent à une vigilance collective et à un sursaut citoyen. L’AIB a recueilli, mardi 10 février, leurs avis sur un phénomène jugé dangereux pour la cohésion nationale.
Depuis quelques mois, le Burkina Faso est confronté à une vague persistante de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Des propos attribués ou déformés concernant le ministre en charge de la Défense, une prétendue déclaration du Premier ministre ou encore un faux communiqué attribué au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga 1 au sujet d’un supposé vol au domicile d’un ancien ministre, illustrent l’ampleur du phénomène.
Dans la commune de Dolo, cette situation suscite de vives préoccupations. Le président de la délégation spéciale, Iliassa Ouédraogo, dénonce une manœuvre dangereuse pour la stabilité du pays. Selon lui, la prolifération des fake news vise à semer la confusion, fragiliser la cohésion sociale et discréditer les institutions de la République.
« Ces fausses informations, souvent fabriquées ou déformées à dessein, constituent une menace réelle pour la paix, la confiance citoyenne et la crédibilité de l’État », a-t-il affirmé. Pour le PDS, dans un contexte sécuritaire et social sensible, la manipulation de propos de membres du gouvernement ou l’attribution de faux communiqués à des institutions judiciaires s’apparente à une véritable guerre informationnelle qui exige une vigilance collective.
Au plan éducatif, le directeur de l’école “B” de Niceo, Ollé Pakom Sou, estime que ces campagnes de désinformation traduisent une tentative de déstabilisation. « Je dirai même que l’impérialiste est aux abois. Il tente par tous les moyens de se refaire une influence. Mais aujourd’hui, la jeunesse a compris que notre destinée est entre nos mains », a-t-il soutenu, appelant à la détermination face à ces manœuvres.
Pour Rawelgué Louise Carine Balma, agent de bureau à la Circonscription d’éducation de base de Dolo, les fausses informations peuvent constituer un frein au développement. « Elles créent une méfiance envers les autorités et peuvent entraîner un désintéressement des populations vis-à-vis des initiatives gouvernementales », a-t-elle expliqué.
Même son de cloche chez le professeur Ghislain Démé du CEG de Saptan, qui voit dans cette prolifération un risque pour la stabilité et la cohésion nationale. De son côté, le commerçant Da Sami, à Niceo, estime que les auteurs de ces publications « sont prêts à trahir leurs propres frères pour des intérêts personnels ».
Face à cette situation, les personnes interrogées proposent plusieurs pistes : renforcer la communication officielle à travers des informations rapides, claires et régulières ; éduquer les citoyens à l’esprit critique et à la vérification des sources ; responsabiliser les médias et acteurs du numérique ; appliquer rigoureusement la loi contre les auteurs de fausses informations ; et promouvoir une mobilisation citoyenne contre la désinformation.
Pour le président de la délégation spéciale, la lutte contre les fake news est une responsabilité collective. Elle requiert l’engagement conjoint de l’État, des médias et des citoyens afin de préserver la vérité, la paix sociale et l’intérêt supérieur de la Nation.
Agence d’Information du Burkina
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